Qualité de l’alimentation entre consommateurs et non consommateurs de viande : étude américaine NHANES

Selon une étude réalisée par rappel alimentaire sur deux jours auprès de 16810 sujets américains, les 1,7 % non-consommateurs de viande ont un meilleur index de qualité de leur alimentation mais consomment trop de calories vides (graisses, alcool, sucres ajoutés) par rapport aux 98,3 % consommateurs de viande. Objectif : Comparer les scores de qualité de l’alimentation entre les adultes américains non-consommateurs de viande et ceux consommateurs de viande, et comparer la consommation des composantes de leur régime alimentaire à travers les quintiles de la qualité du régime alimentaire. Méthodologie : L’indice Healthy Eating Index-2010 (HEI-2010) et l’Index AHEI-2010 ont été utilisés pour évaluer la qualité moyenne de l’alimentation. Les différences de consommation des composantes du régime alimentaire entre les quintiles de qualité du régime alimentaire ont été testées à l’aide des tests post hoc Wald et z. Les données de l’enquête nationale sur l’examen de la santé et de la nutrition (NHANES), 2007-2012 ont été exploitées. L’échantillon comprenait 16810 sujets de 18 ans et plus. Les données sur le régime alimentaire étaient obtenues à partir d’un rappel alimentaire individuel. Résultats :
- Sur les 16 810 personnes, 280 (1,7%) ont déclaré ne pas consommer de viande, de volaille, de gibier ou de fruits de mer pendant les deux jours non consécutifs d’enquête alimentaire (ce sont les « non-consommateurs de viande ») ; les 16 530 (98,3%) autres ont déclaré en avoir mangé (ce sont les « consommateurs de viande »).
- Parmi l’ensemble de l’échantillon, la plupart des non-consommateurs de viande étaient dans le quintile 5 de HEI-2010 (44,9%) c’est à dire celui à indice le plus élevé de qualité de l’alimentation et le quintile 4 (21,1%) et quelques-uns (9,6%) dans le quintile 1 (qualité nutritionnelle la moins élevée). Des répartitions similaires étaient observées avec l’index AHEI-2010. Les consommateurs de viande étaient eux répartis uniformément dans les différents quintiles de répartition de l’indice de qualité de l’alimentation HEI-2010 (environ 20% dans chaque quintile). Les non-consommateurs de viande avaient des scores HEI-2010 et AHEI-2010 supérieurs à ceux des consommateurs de viande (P <0,05) (16 et 11 points de plus, respectivement). Chez les non-consommateurs de viande, des différences de quantités d’un facteur 2 à 4 (P <0,05) concernant les calories vides (graisses, sucres ajoutés, alcool) et le ratio acides gras insaturés/saturés étaient notées entre les quintiles 5 et 1 de l’index HEI-2010. Suivaient des différences sur les consommations de céréales complètes, protéines, céréales raffinées, légumes, fruits, protéines végétales et sel, légumes verts, légumineuses et produits laitiers. Les consommations moyennes analysées selon les quintiles de l’index AHEI-2010, révélaient des quantités différentes (P <0,05) de fruits à coque et de légumineuses (différences d’un facteur 4 entre le quintile 5 et le quintile 1), de légumes et d’acides gras polyinsaturés, de céréales complètes, boissons sucrées et jus de fruits, fruits.
Conclusion : Les chercheurs concluent que les non consommateurs de viande ont des indices de qualité de l’alimentation supérieurs aux consommateurs de viande mais que ce sont leurs consommations de calories vides (provenant probablement des aliments transformés) et leur ratio acides gras insaturés/saturés qui augmentent le plus. Les messages de santé publique destinés aux végétariens et à d’autres personnes qui choisissent de ne pas manger de viande certains jours devraient mettre l’accent sur une diminution de la consommation de calories vides (graisses, alcool, sucres ajoutés) et une consommation accrue de noix et de légumineuses, d’acides gras polyinsaturés et de légumes. Source : Conrad Z, Karlsen M, Chui K, Jahns L. Diet quality on meatless days: National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), 2007-2012. Public Health Nutr. 2017 Mar 8:1-10. doi: 10.1017/S136898001700026X
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Une consommation protéique de 1,1 à 1,6 g/kg/j associée à une moindre fragilité chez les femmes de plus de 75 ans
Cette analyse transversale étudie l’association entre apports protéiques totaux, animaux et végétaux d’une part, et présence d’une fragilité multidimensionnelle d’autre part, chez 1 380 femmes australiennes vivant à domicile et âgées en moyenne de 75 ans. Les apports étaient estimés par questionnaire de fréquence alimentaire et la fragilité par un indice intégrant activités de la… -
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Les protéines animales associées à une moindre prévalence de dépression chez les adultes
Cette étude transversale coréenne analyse l’association entre sources de protéines alimentaires et dépression dans un échantillon représentatif de 17 125 adultes, dont 7 287 hommes et 9 838 femmes. La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire-9, et les apports alimentaires par rappel de 24 heures. Après ajustement sur les facteurs de confusion, aucune… -
Composition et apports nutritionnels3 juin 2026Des apports plus faibles en protéines animales chez les personnes âgées sarcopéniques
Cette étude transversale descriptive compare les consommations alimentaires de 50 personnes âgées autonomes vivant à domicile dans le sud-est du Brésil, avec ou sans sarcopénie. Le diagnostic reposait sur trois critères : absorptiométrie biphotonique à rayons X, force de préhension et vitesse de marche, tandis que les apports alimentaires étaient estimés via trois rappels de…