Aliments d’origine animale : concilier demande mondiale, enjeux environnementaux et rôle socio-économique du bétail (TRADUCTION)
Cet article de perspective rédigé par une chercheuse américaine fait le point sur la demande croissante en aliments d’origine animale terrestre (AOAT). Au-delà du débat qui se concentre souvent autour de quelques mesures environnementales, elle pointe la nécessité de considérer les endroits où le bétail remplit un ensemble de fonctions clés des systèmes alimentaires mondiaux, en plus de fournir des aliments. « Les efforts visant à promouvoir des régimes alimentaires durables doivent être évalués à l’aide d’une approche qui tienne compte du triple bilan des conséquences sociales, économiques et environnementales. Ceci est particulièrement important dans les pays à faible revenu, étant donné que ces régions sont l’épicentre prévu de la croissance des populations humaine et animale, et des augmentations concomitantes de la demande en AOAT et des émissions de GES liées à l’élevage d’ici 2050 », souligne-t-elle en conclusion.
La forte intensité des émissions de gaz à effet de serre (GES) des aliments d’origine animale terrestres (AOAT) et l’augmentation prévue de la demande dans les pays à revenu faible et intermédiaire ont stimulé l’intérêt pour le développement de produits alimentaires transformés non issus d’animaux, avec la promesse d’une réduction de l’impact de la production alimentaire sur l’environnement. Les pays en développement sont à l’origine de 75 % des émissions mondiales provenant des ruminants et abriteront 86 % de la population mondiale d’ici 2050. Ainsi, l’adoption de pratiques rentables, génétiques, alimentaires et nutritionnelles, ainsi que l’amélioration de la santé du bétail dans les pays à faible revenu sont considérées comme les interventions les plus prometteuses pour réduire les émissions de GES résultant de l’augmentation prévue de la demande d’AOAT d’ici à 2050.
L’amélioration génétique est une approche particulièrement intéressante pour accroître la productivité, car ces améliorations sont permanentes et cumulatives. Les protéines alternatives peuvent également jouer un rôle en répondant à la demande de sources abordables d’aliments riches en nutriments, mais le prix sera un facteur majeur influençant leur adoption dans un contexte où 3,1 milliards de personnes dans le monde (42 %) n’avaient pas les moyens de s’offrir un régime alimentaire sain en 2021. En outre, il existe actuellement un décalage entre, d’une part, l’emplacement des entreprises de protéines alternatives (localisées pour plus de 80 % d’entre elles dans des pays à revenu élevé) et, d’autre part, l’augmentation prévue de la demande en AOAT et les émissions de GES. Les implications en termes de durabilité du remplacement des AOAT par des protéines alternatives à grande échelle doivent prendre en compte non seulement les paramètres environnementaux, mais aussi les impacts économiques et sociaux plus larges, étant donné le rôle essentiel que joue le bétail dans les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire d’environ 1,3 milliard de personnes.
Référence : Van Eenennaam AL. Addressing the 2050 demand for terrestrial animal source food. Proc Natl Acad Sci U S A. 2024 Dec 10; 121(50):e2319001121 (PDF disponible en libre accès)
Source : PNAS
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