Alimentation des adolescents américains : un bénéfice clair de la consommation de viande de bœuf selon les données NHANES (TRADUCTION)
« Bien que les recommandations visant à réduire la consommation de viande de bœuf soient largement répandues, cela pourrait avoir des conséquences nutritionnelles inattendues en ce qui concerne les nutriments sous-consommés, y compris ceux qui sont importants pour la santé des adolescents et qui constituent un problème de santé publique. » Telle est la conclusion de cette étude basée sur une analyse des données de l’enquête américaine NHANES 2001-2018. Selon les micronutriments (zinc, phosphore, vitamine B12, fer), les auteurs estiment entre 200 000 et 1,4 million le nombre d’adolescents non-consommateurs de viande de bœuf actuellement en carences d’apports et qui pourraient atteindre les besoins moyens estimés s’ils en consommaient.
L’adéquation nutritionnelle chez les adolescents est un sujet de préoccupation en raison de leur croissance, et donc de leurs besoins plus élevés en nutriments, et de l’écart entre leurs apports actuels en nutriments et les recommandations. L’objectif de cette étude était de déterminer la consommation de viande de bœuf des 14 à 18 ans aux Etats-Unis et d’évaluer la relation entre cette consommation et les apports en nutriments d’une part et l’adéquation nutritionnelle d’autre part.
Des apports en micronutriments supérieurs de 10 % et plus chez les consommateurs de bœuf
Les rappels alimentaires recueillis pendant la partie What We Eat in America (WWEIA) des cycles 2001-2018 de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) ont été utilisés pour déterminer la consommation de viande de bœuf. Les apports nutritionnels habituels ont été déterminés à l’aide de la méthode du National Cancer Institute en conjonction avec les fichiers de nutriments totaux des jours 1 et 2. L’adéquation nutritionnelle a été évaluée en calculant le pourcentage de la population en dessous du besoin moyen estimé (BME) ou au-dessus de l’apport adéquat. L’apport journalier moyen en viande de bœuf des adolescents et adolescentes consommateurs de viande de bœuf était respectivement de 57,9 ± 2,4 g et 46,8 ± 2,2 g, avec un 90e percentile de 82,3 ± 4,3 g et 67,8 ± 3,5 g. Par rapport aux non-consommateurs, les consommateurs de viande bovine avaient des apports en calcium, fer, phosphore, potassium, choline totale, vitamine B12 et zinc supérieurs de 10 % ou plus.
Des carences en micronutriments fréquentes chez les adolescents
Indépendamment de la consommation de viande bovine, plus de 50 % de la population adolescente avait des apports inférieurs au BME pour le calcium, le magnésium et les vitamines A, C, D et E. Le pourcentage de la population présentant des apports inférieurs au BME pour le calcium, le cuivre, le folate, le fer, le phosphore, le zinc et les vitamines B12 et B6 était plus faible chez les consommateurs de viande bovine par rapport aux non-consommateurs. En outre, la part de la population dépassant l’apport adéquat pour le sodium était plus élevée chez les consommatrices de viande bovine que chez les non-consommatrices. Les auteurs ont estimé que, si les non-consommateurs de bœuf en consommaient, il y aurait une réduction du nombre d’adolescents situés en-dessous du BME d’environ 900 000 à 1 400 000, 400 000 à 700 000, 200 000 à 600 000 et 200 000 à 400 000, respectivement pour le zinc, le phosphore, la vitamine B12 et le fer.
Ainsi, cette étude suggère que la viande de bœuf peut contribuer à augmenter les apports en nutriments et l’adéquation nutritionnelle de l’alimentation des adolescents, une population vulnérable sur le plan nutritionnel. Les auteurs concluent que « bien que les recommandations visant à réduire la consommation de viande de bœuf soient largement répandues, cela pourrait avoir des conséquences nutritionnelles inattendues en ce qui concerne les nutriments sous-consommés, y compris ceux qui sont importants pour la santé des adolescents et qui constituent un problème de santé publique. »
Référence : Fulgoni K, Fulgoni VL 3rd. Beef Intake Is Associated with Higher Nutrient Intake and Nutrient Adequacy in U.S. Adolescents, NHANES 2001-2018. Nutrients. 2023 Dec 2; 15(23):4996 (PDF en libre accès)
Source : Nutrients
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Une consommation protéique de 1,1 à 1,6 g/kg/j associée à une moindre fragilité chez les femmes de plus de 75 ans
Cette analyse transversale étudie l’association entre apports protéiques totaux, animaux et végétaux d’une part, et présence d’une fragilité multidimensionnelle d’autre part, chez 1 380 femmes australiennes vivant à domicile et âgées en moyenne de 75 ans. Les apports étaient estimés par questionnaire de fréquence alimentaire et la fragilité par un indice intégrant activités de la… -
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Les protéines animales associées à une moindre prévalence de dépression chez les adultes
Cette étude transversale coréenne analyse l’association entre sources de protéines alimentaires et dépression dans un échantillon représentatif de 17 125 adultes, dont 7 287 hommes et 9 838 femmes. La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire-9, et les apports alimentaires par rappel de 24 heures. Après ajustement sur les facteurs de confusion, aucune… -
Composition et apports nutritionnels3 juin 2026Des apports plus faibles en protéines animales chez les personnes âgées sarcopéniques
Cette étude transversale descriptive compare les consommations alimentaires de 50 personnes âgées autonomes vivant à domicile dans le sud-est du Brésil, avec ou sans sarcopénie. Le diagnostic reposait sur trois critères : absorptiométrie biphotonique à rayons X, force de préhension et vitesse de marche, tandis que les apports alimentaires étaient estimés via trois rappels de…