Les recommandations du CGAAER pour un accompagnement efficace du consommateur vers une alimentation saine et durable

« Trop d’informations tue l’information ». Scores, labels, mentions valorisantes, applications numériques… Les initiatives visant à répondre aux attentes des consommateurs sont de plus en plus nombreuses. Ce rapport du CGAAER analyse cette situation afin de dégager des pistes pour accompagner le consommateur vers une alimentation saine et durable.
Les Français ont conscience de la nécessaire transition vers des systèmes alimentaires durables. Le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a procédé à une analyse des différentes initiatives, publiques et privées, afin de formuler des propositions susceptibles de renforcer l’accompagnement du consommateur dans cette transition, pour adopter une alimentation plus saine et plus durable.
Un étiquetage basé sur le volontariat
Depuis des années, la France adopte des initiatives pionnières, d’abord sur un étiquetage nutritionnel volontaire avec le Nutri-Score, puis plusieurs dispositions législatives visant à mettre en place un affichage environnemental et à expérimenter un affichage des modes d’élevage, ainsi qu’un affichage sur les conditions de rémunération des producteurs de produits agricoles. Dans l’attente de l’aboutissement des travaux conduits par la Commission européenne dans le cadre de la stratégie « de la ferme à la table », et compte-tenu du principe de libre circulation des marchandises au sein du marché intérieur européen, le CGAAER recommande que les dispositifs d’affichage mis en place au niveau national soient basés sur le volontariat.
Intégrer l’ultra-transformation et éviter les confusions
Elle recommande également que la dimension nutritionnelle du Nutri-Score soit enrichie des autres dimensions qui structurent le lien entre alimentation et santé, afin de prendre en compte, dans les meilleurs délais et sur des bases scientifiques reconnues, l’impact sur la santé de la consommation des aliments dits « ultra-transformés », que les études scientifiques commencent à documenter. Afin d’éviter toute confusion entre les scores officiels et les initiatives prises par les entreprises pour valoriser les informations facultatives encadrées par le règlement INCO, la mission suggère également d’interdire toute référence au visuel utilisé pour les scores officiels.
Une information fiable et des scores ciblés en adéquation avec les objectifs
Par ailleurs, l’accompagnement du consommateur vers une alimentation saine et durable implique la création d’une plateforme de données numériques de référence et le développement d’une éducation alimentaire dès le plus jeune âge. L’ensemble des acteurs attendent de l’Etat qu’il fixe les règles du jeu et qu’il garantisse les bases d’une information fiable, loyale et sûre, nécessaire au développement des scores alimentaires. La mission rappelle que les scores constituent des outils au service de l’accompagnement des transitions et qu’il est donc nécessaire de mettre en adéquation ces scores avec les objectifs des politiques publiques en cours d’élaboration (planification écologique, Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat). La mission recommande une forte implication de l’Etat afin de garantir la fiabilité des bases de données et de leur algorithme. Cet objectif pourrait se traduire par une plateforme numérique de référence capable d’intégrer les enjeux d’interopérabilité des données, de dématérialisation de la collecte des données et de production d’informations et d’indicateurs agrégés pour éclairer les choix des consommateurs. Elle recommande également de limiter le nombre de scores officiels afin de ne pas diluer l’attention des consommateurs.
Informer le consommateur via la restauration collective
Sans compréhension des enjeux nutritionnels et des principes d’une alimentation équilibrée, saine et variée dans le cadre d’une transition vers des systèmes alimentaires durables, il est illusoire de penser que les scores alimentaires seront suffisants pour guider le consommateur. La mission recommande d’inscrire les scores alimentaires dans une politique globale et cohérente d’éducation et d’information des consommateurs en s’appuyant notamment sur la restauration collective.
Pour en savoir plus : Accompagnement du consommateur vers une alimentation saine et durable : scores alimentaires et autres formes de communication
Source : Ministère de l’Agriculture
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