Agropolis International publie un dossier spécial sur l’agroécologie (Article de synthèse)

A l’occasion du Sommet mondial sur les systèmes alimentaires des Nations Unies, les Dossiers d’Agropolis International sortent un numéro spécial sur la transition agroécologique. Dans un rapport de 148 pages, des scientifiques du Cirad, du CGIAR, d’INRAE et de l’IRD partagent leur expertise sur ce modèle de développement, souvent cité comme la voie vers un système agricole et alimentaire durable.
Selon la FAO, l’agroécologie est « l’utilisation intégrée des ressources et des mécanismes de la nature dans l’objectif de production agricole. Elle allie les dimensions écologique, économique et sociale et vise à mieux tirer parti des interactions entre végétaux, animaux, humains et environnement ». Cette approche écosystémique du développement agricole est de plus en plus présentée comme la voie vers une agriculture et une alimentation durables, et de nombreux scientifiques s’y intéressent. A l’occasion du Sommet mondial sur les systèmes alimentaires des Nations Unies, les Dossiers d’Agropolis International consacrent un numéro spécial à cette thématique.
500 scientifiques sollicités
Si le rapport de 148 pages ne se prétend pas exhaustif, il n’en reste pas moins une mine d’informations sur la transition agroécologique, ayant impliqué près de 500 scientifiques, français et étrangers. De nombreux programmes de recherche y sont présentés, menés partout dans le monde et sur des thématiques diverses en lien avec la transition agroécologique. On y retrouve en filigrane les dix éléments de l’agroécologie selon la FAO [1], ainsi que les 13 principes de durabilité énoncés par le Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE) dans son rapport de 2019.
Les cinq niveaux de transition agroécologique de Gliessman
L’organisation du dossier s’appuie sur les cinq niveaux de transition agroécologique définis par Gliessman : l’amélioration de l’efficience des systèmes conventionnels (niveau 1) ; la substitution par des pratiques alternatives (niveau 2) ; la reconception des systèmes agricoles sur la base de processus écologiques (niveau 3) ; la durabilité des systèmes alimentaires (niveau 4) ; et enfin, le système alimentaire global durable (niveau 5).
La première partie du dossier, « Agroecosystems », rassemble les résultats des programmes de recherche en lien avec les niveaux 1 à 3 ; la deuxième partie, « Food Systems », ceux correspondant aux niveaux 4 et 5. Une troisième partie rassemble les résultats plus transversaux, ainsi que les programmes de recherche orientés sur la méthodologie. L’ouvrage présente ainsi de nouvelles façons de mener des recherches, basées sur des approches systémiques et transdisciplinaires, de mettre en œuvre des méthodes participatives inclusives, de se référer à des théories du changement basées sur les solutions, de favoriser les partenariats avec les systèmes nationaux de recherche agricole, tout en améliorant l’orchestration des efforts de recherche pour converger vers des systèmes alimentaires durables.
Des efforts de tous, adaptés aux moyens de chacun
Les auteurs soulignent en introduction que les actions engagées varient nécessairement selon les contextes ; la transition agroécologique ne peut pas être un modèle unique à appliquer partout. Dans les régions à faible utilisation d’intrants par exemple, où l’eau est rare, la priorité est souvent de faciliter le recours aux intrants pour augmenter la productivité. Il faut trouver alors un équilibre entre gain de productivité à court terme et résilience à plus long terme. Un travail d’équilibriste qui fait émerger un point clé de l’analyse : à savoir le lien entre intensification durable des systèmes et transition agroécologique.
[1] Diversité ; synergies ; efficience ; résilience ; recyclage; co-création et partage de connaissances ; valeurs humaines et sociales ; culture et traditions alimentaires ; économie circulaire et solidaire ; gouvernance responsable.
Télécharger le rapport complet (148 pages, en anglais)
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