Carences en vitamines et minéraux : une hausse alarmante des hospitalisations au Royaume-Uni (TRADUCTION)
Une analyse des chiffres du National Health Service (NHS) au Royaume-Uni révèle une augmentation spectaculaire des admissions à l’hôpital dues à des carences en vitamines et minéraux : + 10 % en un an, multiplié par 10 en 25 ans ! Les médecins pointent du doigt l’inaccessibilité croissante à une alimentation saine, devenue hors de prix, et appellent à une action urgente pour lutter contre cette crise de santé publique.
Le nombre de personnes admises à l’hôpital en raison d’une carence en vitamines et/ou minéraux monte en flèche, selon une analyse des chiffres du National Health Service (NHS), le système de santé publique du Royaume-Uni. En 2023-2024, il y a eu 191 927 admissions pour lesquelles la raison principale était un déficit en fer, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2022-2023. Un chiffre presque 10 fois supérieur aux 20 396 admissions à l’hôpital pour déficit en fer en 1998-1999. En 2023-2024, il y a également eu 2 630 admissions avec, pour raison principale, une carence en vitamine B (autre que folates), soit une hausse de 15 % par rapport à l’année précédente et plus de trois fois plus qu’en 1998-1999. L’anémie due à une carence en vitamine B12 ou en folates a entraîné 3 490 admissions à l’hôpital en 2023-2024, un chiffre similaire à celui de l’année précédente, mais quatre fois plus élevé que les 836 cas observés en 1998-1999, selon une analyse de l’agence de presse PA Media.
Des médecins généralistes en première ligne face aux carences nutritionnelles
Les médecins ont déclaré que l’augmentation substantielle des admissions dues à un manque de vitamines était préoccupante. « La multiplication par près de dix des admissions de patients ayant reçu un diagnostic de carence en fer et par quatre des carences en folates – causées principalement par un manque de nutriments dans le régime alimentaire – est particulièrement troublante », a déclaré le Pr Kamila Hawthorne, présidente du Collège royal des médecins généralistes (RCGP). Nous avons vu les prix des aliments frais et sains grimper en flèche ces dernières années, rendant un régime alimentaire nutritif de plus en plus inabordable pour certains, tandis que les fast-foods sont bon marché, rassasiants et faciles d’accès, mais pauvres en éléments nutritifs. Les médecins généralistes sont en première ligne face à cette crise de santé publique, car ils soignent des patients qui subissent les conséquences sanitaires d’une privation croissante. »
Une enquête récente menée auprès des membres du RCGP a révélé que 74 % d’entre eux ont constaté une augmentation du nombre de consultations liées à la pauvreté au cours de l’année écoulée. « Il est inacceptable qu’une nation développée comme le Royaume-Uni voit augmenter le nombre de pathologies liées à la pauvreté et à une mauvaise alimentation, mais c’est pourtant la réalité », poursuit le Pr Hawthorne.
L’analyse a montré que le nombre de patients admis pour une raison quelconque mais présentant également une carence en vitamines était encore plus élevé. En 2023-2024, 804 936 traitements ont été administrés par le NHS à des personnes souffrant d’anémie ferriprive, contre 721 650 l’année précédente. Il y a également eu 38 140 traitements pour des personnes souffrant d’anémie par carence en vitamine B12, contre 35 983 l’année précédente, et 227 097 traitements pour d’autres carences en vitamines B, contre 201 320 l’année précédente.
Source : The Guardian
À voir aussi
-
Nutrition24 juillet 2026Dénutrition et protéines animales : un enjeu central pour une restauration collective durable en secteur sanitaire
Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a publié en juin 2026 sur le site Ma Cantine un guide pratique pour une restauration collective durable dans le secteur sanitaire. Objectif : préciser les repères à suivre dans les établissements de santé et médico‑sociaux. Le document rappelle notamment que la prévention et la prise en… -
Santé, pathologies et prévention24 juillet 2026Structure cérébrale et consommation de viande : l’importance du type de viande et de sa teneur en gras
Cette étude, qui a utilisé les données de la UK Biobank, a examiné les associations entre la consommation auto‑rapportée de différents types de viande (viande rouge maigre - gras visible retiré - vs grasse – persillée-, porc, porc transformé, abats) et plusieurs indices globaux de structure cérébrale mesurés par IRM (épaisseur corticale moyenne, volumes totaux… -
Santé, pathologies et prévention24 juillet 2026Une étude du MIT révèle le rôle réparateur de la cystéine sur la muqueuse intestinale
Toutes les sources de protéines ne sont pas équivalentes en termes d’apports en acides aminés, dont la cystéine, acide aminé semi‑essentiel, présent à des teneurs généralement élevées dans les viandes rouges, abats, volailles, poissons, œufs et produits laitiers, tandis que seuls certains végétaux (soja, graines de tournesol, certaines noix, blé complet et avoine) constituent des…