Les aliments d’origine animale améliorent la nutrition des enfants en Afrique (Traduction)
Alors que la sous-nutrition infantile reste un enjeu majeur de santé publique en Afrique, une récente étude révèle l’impact positif des aliments d’origine animale (viande, lait, œufs, poisson) sur la croissance des enfants. Menée dans cinq pays africains, l’enquête montre qu’une consommation même modérée d’aliments animaux améliore significativement la taille pour l’âge des enfants et réduit le risque de retard de croissance. Alors que les discussions sur la durabilité des systèmes alimentaires encouragent une réduction de la consommation de produits animaux, les résultats soulignent l’importance d’adapter les recommandations aux contextes locaux pour répondre aux besoins nutritionnels fondamentaux des populations les plus vulnérables.
La sous-nutrition infantile demeure un problème de santé publique largement répandu dans les pays du Sud, en particulier en Afrique. Le retard de croissance chez l’enfant – défini comme un retard de croissance linéaire – est un indicateur global et couramment utilisé de la sous-nutrition chronique infantile. Il résulte principalement d’un apport insuffisant en nutriments, entre autres facteurs.
Une consommation d’aliments d’origine animale (AOA) faible en Afrique et des données limitées
Des recherches antérieures ont montré que la consommation d’AOA, (la viande, les produits laitiers, les œufs et le poisson), est associée à des taux plus faibles de retard de croissance chez les enfants. Les auteurs ont utilisé des données d’enquête représentatives, collectées sous forme de panel dans cinq pays africains – l’Éthiopie, le Malawi, le Nigeria, la Tanzanie et l’Ouganda – totalisant plus de 32 000 observations d’enfants âgés de 0 à 5 ans. Ces données montrent que la consommation d’AOA augmente les scores Z de taille pour l’âge (HAZ) de 0,30 en moyenne (P < 0,01) et réduit la probabilité de retard de croissance de 6,8 points de pourcentage (P < 0,01), après ajustement pour les facteurs de confusion.
De l’importance d’une alimentation variée
Les bénéfices nutritionnels pour les enfants d’un régime incluant des AOA sont plus importants que ceux d’un régime exclusivement végétal. Les aliments végétaux nutritifs, comme les fruits, les légumes et les légumineuses, peuvent fournir la majorité des nutriments nécessaires et ont également un effet positif sur le HAZ. Cependant, ils ne sont pas toujours disponibles ni accessibles en quantité suffisante tout au long de l’année, en particulier dans les zones rurales.
Réduire la consommation d’AOA seulement quand elle est trop élevée
Étant donné l’empreinte environnementale importante de l’élevage, de nombreuses initiatives visant à rendre les systèmes alimentaires plus durables appellent à une forte réduction de la consommation d’AOA. Si cette réduction est pertinente quand la consommation est élevée, nos résultats suggèrent qu’en Afrique, il est nécessaire d’améliorer l’accès des ménages pauvres aux AOA afin de contribuer à la réduction de la sous-nutrition infantile.
Référence : M.G. Khonje, & M. Qaim, Animal-sourced foods improve child nutrition in Africa, Proc. Natl. Acad. Sci. U.S.A. 121 (50) e2319009121 (PDF en libre accès)
Source : PNAS
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Une consommation protéique de 1,1 à 1,6 g/kg/j associée à une moindre fragilité chez les femmes de plus de 75 ans
Cette analyse transversale étudie l’association entre apports protéiques totaux, animaux et végétaux d’une part, et présence d’une fragilité multidimensionnelle d’autre part, chez 1 380 femmes australiennes vivant à domicile et âgées en moyenne de 75 ans. Les apports étaient estimés par questionnaire de fréquence alimentaire et la fragilité par un indice intégrant activités de la… -
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Les protéines animales associées à une moindre prévalence de dépression chez les adultes
Cette étude transversale coréenne analyse l’association entre sources de protéines alimentaires et dépression dans un échantillon représentatif de 17 125 adultes, dont 7 287 hommes et 9 838 femmes. La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire-9, et les apports alimentaires par rappel de 24 heures. Après ajustement sur les facteurs de confusion, aucune… -
Composition et apports nutritionnels3 juin 2026Des apports plus faibles en protéines animales chez les personnes âgées sarcopéniques
Cette étude transversale descriptive compare les consommations alimentaires de 50 personnes âgées autonomes vivant à domicile dans le sud-est du Brésil, avec ou sans sarcopénie. Le diagnostic reposait sur trois critères : absorptiométrie biphotonique à rayons X, force de préhension et vitesse de marche, tandis que les apports alimentaires étaient estimés via trois rappels de…