Une revue scientifique renseigne sur les facteurs affectant la qualité de la viande ovine (TRADUCTION)

Cet article dresse un bilan critique de l’état actuel des connaissances sur les facteurs affectant la qualité de la carcasse et de la viande ovine. Il renseigne notamment sur les risques et bénéfices de l’alimentation au pâturage.
La viande ovine provient d’une grande variété de systèmes d’élevage, allant de l’élevage extensif en plein air à l’élevage intensif en intérieur, avec des animaux d’âges différents au moment de l’abattage. En Europe, l’abattage peut avoir lieu à partir de 4 semaines pour les agneaux légers de lait jusqu’à l’âge adulte. Plus que pour toute autre espèce animale utilisée pour la production de viande, il existe de fortes préférences spécifiques à chaque pays en matière de qualité de la viande ovine, liées aux caractéristiques des systèmes de production, tels que les systèmes laitiers ou herbagers. Cet article dresse un bilan critique de l’état actuel des connaissances sur les facteurs affectant la qualité de la carcasse et de la viande ovine.
Six attributs de qualité identifiés
La qualité a été décomposée en six attributs fondamentaux : commercial, organoleptique, nutritionnel, technologique, sécurité et image, cette dernière couvrant les aspects d’éthique, de culture et d’environnement associés au mode de production de la viande et à son origine, qui sont particulièrement valorisés dans les nombreux labels de qualité en Europe. La qualité de la viande se construit mais peut aussi se dégrader tout au long du continuum de l’élevage de l’animal à la consommation de sa viande par le consommateur.
Cette revue met en évidence les périodes critiques, telles que la gestation, la période précédant l’abattage et l’abattage, et les facteurs clés, tels que l’alimentation de l’animal, à la fois par ses effets directs (sur le profil en acides gras, les teneurs en antioxydants et en composés volatils) et indirects médiés par l’âge de l’animal. Elle révèle également les difficultés méthodologiques liées à la prédiction des attributs organoleptiques, notamment l’odeur et la saveur. Les antagonismes potentiels entre les différentes dimensions de la qualité sont mis en évidence. Par exemple, l’alimentation au pâturage a des effets positifs sur l’image et les attributs nutritionnels (profil lipidique), mais elle augmente le risque de mauvaises odeurs et de mauvaises saveurs pour les consommateurs sensibles, ainsi que la variabilité de la qualité de la viande liée à celle de l’âge de l’animal à l’abattage.
Avantages et inconvénients de l’alimentation au pâturage
L’orientation vers des systèmes d’élevage plus agro-écologiques et à faibles intrants peut donc présenter des avantages pour l’image et les propriétés nutritionnelles de la viande, mais aussi des risques sur le plan commercial (insuffisance d’adiposité de la carcasse, carences alimentaires à des périodes clés du cycle de production, irrégularité de l’approvisionnement), sur le plan organoleptique (goût plus prononcé et couleur plus foncée), ainsi qu’en termes de variabilité de la qualité de la carcasse et de la viande.
En outre, la sélection génétique pour le rendement en viande maigre a été efficace pour produire des carcasses donnant davantage de viande, mais au détriment de la teneur en graisse intramusculaire et du goût de la viande, rendant plus difficile la finition des agneaux à l’herbe. Divers outils d’évaluation et de prévision de la qualité sont en cours de développement afin de mieux prendre en compte les différentes dimensions de la qualité dans l’information des consommateurs, la rémunération des éleveurs et la sélection génétique.
Référence : Prache S, Schreurs N, Guillier L. Review: Factors affecting sheep carcass and meat quality attributes. Animal. 2021 Aug 13:100330. doi: 10.1016/j.animal.2021.100330. (PDF en libre accès)
Source : Animal.
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Une consommation protéique de 1,1 à 1,6 g/kg/j associée à une moindre fragilité chez les femmes de plus de 75 ans
Cette analyse transversale étudie l’association entre apports protéiques totaux, animaux et végétaux d’une part, et présence d’une fragilité multidimensionnelle d’autre part, chez 1 380 femmes australiennes vivant à domicile et âgées en moyenne de 75 ans. Les apports étaient estimés par questionnaire de fréquence alimentaire et la fragilité par un indice intégrant activités de la… -
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Les protéines animales associées à une moindre prévalence de dépression chez les adultes
Cette étude transversale coréenne analyse l’association entre sources de protéines alimentaires et dépression dans un échantillon représentatif de 17 125 adultes, dont 7 287 hommes et 9 838 femmes. La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire-9, et les apports alimentaires par rappel de 24 heures. Après ajustement sur les facteurs de confusion, aucune… -
Composition et apports nutritionnels3 juin 2026Des apports plus faibles en protéines animales chez les personnes âgées sarcopéniques
Cette étude transversale descriptive compare les consommations alimentaires de 50 personnes âgées autonomes vivant à domicile dans le sud-est du Brésil, avec ou sans sarcopénie. Le diagnostic reposait sur trois critères : absorptiométrie biphotonique à rayons X, force de préhension et vitesse de marche, tandis que les apports alimentaires étaient estimés via trois rappels de…