Une nouvelle synthèse scientifique éclaire les liens entre pratiques agricoles et biodiversité (TRADUCTION)

Les GIS Avenir Élevages et Grandes Cultures annoncent la publication d’une revue de la littérature qui dresse un état des lieux des connaissances sur les effets des pratiques agricoles sur la biodiversité, en s’appuyant sur un vaste corpus d’études et une base de données dédiée. Le travail recense les principaux leviers de gestion : usage des intrants, intensité du travail du sol, modes d’occupation des surfaces, structures paysagères, diversification des cultures et des systèmes d’élevage. Il met en évidence des effets globalement négatifs des pratiques les plus intensives sur de nombreux groupes biologiques, contrebalancés par des impacts positifs lorsque les systèmes sont plus diversifiés et que la complexité paysagère est préservée. L’article souligne cependant les limites des données disponibles et la nécessité d’harmoniser les indicateurs. En conclusion, les auteurs appellent à développer des suivis standardisés et à renforcer les dispositifs d’observation pour documenter plus finement l’effet combiné des pratiques et de l’organisation des paysages, afin d’orienter les politiques publiques et les démarches de transition agroécologique.

La perte de biodiversité est devenue une préoccupation majeure au XXIe siècle. Le modèle agricole actuel est l’un des principaux facteurs de cette perte ; cependant, l’agriculture peut également contribuer à préserver, voire à favoriser la biodiversité. Il est donc nécessaire de mieux comprendre les conséquences des pratiques agricoles sur les différents compartiments de la biodiversité terrestre.

Dans le but de compiler un résumé des connaissances solides sur ce sujet, les auteurs de cette revue ont développé une méthode pour synthétiser les résultats des méta-analyses portant sur la relation entre les pratiques agricoles et la biodiversité. Ils ont évalué les méta-analyses selon plusieurs critères : pertinence, accessibilité des données, transparence statistique et clarté. Ils ont sélectionné et examiné 27 méta-analyses issues de la littérature fournissant un aperçu détaillé des effets de plusieurs pratiques agricoles sur la biodiversité terrestre à l’échelle locale : fertilisation inorganique ou organique, rotation des cultures, culture intercalaire, utilisation de cultures de couverture, utilisation de produits phytopharmaceutiques, travail du sol, gestion du paysage et pâturage.

Les auteurs ont ainsi constaté que i) les méta-analyses privilégiaient certains groupes taxonomiques ou fonctionnels par rapport à d’autres, en fonction des pratiques agricoles considérées et des critères de faisabilité ; (ii) la biodiversité compositionnelle, en particulier au niveau des espèces, était généralement évaluée au travers des variations d’abondance, de richesse ou de diversité ; (iii) les groupes taxonomiques/fonctionnels et les indicateurs choisis déterminaient la biodiversité observée ; et (iv) toutes les pratiques agricoles étudiées influencent la dynamique de la biodiversité, certaines ayant une influence prépondérante, comme l’utilisation de produits phytopharmaceutiques et la gestion du paysage.

Conclusion : l’intensité des pratiques, les interactions entre celles-ci et la sensibilité des environnements ont influencé les effets observés et doivent être mieux comprises afin de classer objectivement les pratiques en fonction de leurs effets sur la biodiversité. Des recherches et des données supplémentaires sont nécessaires pour caractériser plus en détail la relation entre les pratiques agricoles et la biodiversité, ainsi que pour mieux comprendre les relations entre le fonctionnement des écosystèmes et les composantes compositionnelles et structurelles de la biodiversité.

Pour en savoir plus : Publication d’un article sur les effets des pratiques agricoles sur la biodiversité

Référence : Babin, C., S. Espagnol, and J. Aubin. 2026. Effects of Agricultural Practices on Biodiversity: A Review. J Sustain Agric Environ 5: e70152.

Source : GIS Avenir Élevages

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