Une méta-analyse décrypte l’hétérogénéité des émissions de méthane des bovins nourris en stabulation et supplémentés en 3-NOP (TRADUCTION)
Une méta-analyse regroupant 30 études internationales apporte un éclairage nouveau sur la variabilité de l’efficacité du 3-nitrooxypropanol (3-NOP), un additif capable de réduire significativement la méthanogénèse entérique chez les ruminants. En synthétisant 83 traitements menés en conditions contrôlées, les chercheurs montrent que le 3-NOP diminue en moyenne les émissions de méthane d’environ 26 % chez les bovins viande et lait. Toutefois, l’étude révèle que l’effet réel du produit dépend davantage de l’ingestion quotidienne de matière sèche que de la dose administrée… Un résultat qui permet de proposer des équations prédictives pour estimer les réductions futures de méthane entérique dans les systèmes en confinement. Un outil précieux pour les éleveurs souhaitant quantifier et valoriser leurs réductions d’émissions. Mais les auteurs de rappeler que seule la mesure directe assure une estimation précise du méthane évité.
Les émissions de méthane entérique (CH4) provenant des systèmes d’élevage de ruminants constituent un défi majeur pour atténuer le changement climatique mondial. Le nouvel additif alimentaire 3-nitrooxypropanol (3-NOP) a la capacité d’inhiber la méthanogénèse ruminale et de réduire considérablement le volume des émissions de CH4 entérique produites par les systèmes d’élevage. Cependant, l’hétérogénéité de l’atténuation du CH4 grâce à cette supplémentation empêche les éleveurs de déterminer son impact réel. Cette méta-analyse vise à comprendre les variables responsables de cette hétérogénéité chez les bovins de boucherie et les vaches laitières nourris en confinement.
Une méta-analyse regroupant 30 études interventionnelles
À partir de 30 études in vivo (83 traitements) dans lesquelles le 3-NOP a été administré de manière continue à des doses comprises entre 40 mg et 338 mg de 3-NOP/kg de matière sèche ingérée (MSI), une régression multistade à effets mixtes a permis d’examiner l’impact de la supplémentation en 3-NOP sur le rendement en CH4.
Résultats : en moyenne, la supplémentation en 3-NOP a réduit la production de CH4 de 25,9 % chez les bovins de boucherie et de 26,4 % chez les bovins laitiers, à la dose recommandée de 60 mg de 3-NOP/kg de MSI. Les résultats ont montré que le potentiel anti-méthanogène du 3-NOP était influencé par la dose de 3-NOP administrée et la quantité de MSI.
Des émissions de CH4 davantage dépendantes des quantités ingérées que des doses de 3-NOP utilisées
Bien que les études aient montré une forte relation positive entre la dose de 3-NOP et les émissions de CH4 (P < 0,0001), il a été observé que la MSI avait une plus grande influence sur la réduction du CH4 que la dose de 3-NOP. Cela suggère que le volume et le moment de la production de CH4 influencent davantage la disponibilité du 3-NOP dans le rumen pendant la méthanogénèse que la dose de 3-NOP elle-même.
Cet article utilise cette compréhension pour développer des équations permettant d’estimer la réduction future du CH4 dans les systèmes agricoles réels, et donc, pour les producteurs, de quantifier l’impact du 3-NOP sur leurs émissions de gaz à effet de serre. Cependant, ces équations étant fortement influencées par la MSI, elles ne conviennent qu’aux systèmes d’alimentation en confinement qui consomment un volume égal ou supérieur de ration. Elles ne peuvent donc pas remplacer la mesure des émissions de CH4, qui fournit aux producteurs le volume réel des émissions de CH4 évitées.
Référence : Macdonald, A., Shephard, R., Hepworth, G., & Eckard, R. (2025). Understanding heterogeneity in methane emissions from confinement-fed dairy and beef cattle supplemented with Bovaer®: A meta-analysis. Frontiers in Animal Science, 6.
Source : Frontiers in Animal Science
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