Un risque de cancer gastrique plus élevé en cas de faibles apports en fer (Traduction)

Une analyse groupée d’études cas-témoins intégrant près de 17 000 individus montre que l’apport en fer alimentaire serait inversement lié au cancer de l’estomac. Ainsi, le risque de cancer gastrique serait plus faible chez les personnes ayant des apports en fer élevés (potentiellement consommateurs de viande rouge).
Au cours des dernières années, des résultats contradictoires ont été rapportés concernant la relation entre l’apport en fer alimentaire et le risque de cancer gastrique. C’est pourquoi une équipe internationale a regroupé les données de 11 études cas-témoins issues du projet Stomach Cancer Pooling (StoP).
Une analyse sur près de 17 000 participants
Pour les 4 658 participant ayant développés un cancer gastrique et les 12 247 témoins, soit près de 17 000 participants, l’apport total en fer alimentaire a été calculé à partir de questionnaires sur la fréquence des repas et de tableaux nutritionnels nationaux. Les chercheurs ont calculé les rapports de cotes (RC) et les intervalles de confiance à 95 % (IC) pour les quartiles de fer alimentaire et des analyses secondaires stratifiées par sexe, statut tabagique, apport calorique, sous-site anatomique et type histologique ont été réalisées.
L’apport en fer alimentaire inversement associé au cancer gastrique
Résultat principal : l’apport en fer alimentaire était inversement associé au cancer gastrique (OR par quartile 0,88 ; IC 95 % : 0,83-0,93). Les résultats étaient similaires pour les cancers cardia (OR = 0,85, IC à 95 % = 0,77-0,94) et non-cardia (OR = 0,87, IC à 95 % = 0,81-0,94), ainsi que pour les types diffus (OR = 0,79, IC à 95 % = 0,69-0,89) et intestinaux (OR = 0,88, IC à 95 % = 0,79-0,98). Par ailleurs, l’apport en fer exercerait un effet indépendant de celui du tabagisme et de la consommation de sel. En revanche, un ajustement supplémentaire sur la consommation de viande et de fruits/légumes n’a pas modifié les résultats.
L’hypothèse d’un effet direct du fer sur la cancérogénèse réfutée
Le fer alimentaire serait donc inversement lié au cancer de l’estomac, sans différence selon le sous-site ou le type histologique. Autrement dit, le risque de cancer gastrique s’avère plus élevé chez les personnes ayant de faibles apports en fer. Bien que ces résultats doivent être interprétés avec prudence, ils fournissent des preuves contre un effet direct du fer dans la carcinogenèse gastrique. Un résultat à prendre en compte également dans l’étude des relations entre fer alimentaire et cancer colorectal (voir article « Entre nutrition et cancérogénèse : bénéfices-risques du fer héminique »).
Référence : Collatuzzo G, Teglia F, Pelucchi C, et al. Inverse Association between Dietary Iron Intake and Gastric Cancer: A Pooled Analysis of Case-Control Studies of the Stop Consortium. Nutrients. 2022 Jun 20;14(12):2555. doi: 10.3390/nu14122555. (PDF en libre accès)
Auteur : Nutrients
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