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Réduire les stéréotypies orales non nutritives des bovins grâce au fourrage grossier

D’après une revue bibliographique publiée dans Livestock Science, l’augmentation des quantités de fourrage grossier dans le régime permettrait de réduire les comportements oraux non nutritifs des bovins, adoptés par les animaux pour soulager la frustration ou faire face à un environnement sous-optimal. 

Les stéréotypies sont des comportements répétitifs que l’on peut adopter pour soulager la frustration ou faire face à un environnement sous-optimal. On suppose que les bovins font face aux différences entre les régimes à base de fourrage et de céréales grâce à des stéréotypies orales qui se manifestent sous la forme de comportements oraux non nutritifs (NNOB, pour non-nutritive oral behaviors). Les régimes alimentaires en étable contiennent moins de fourrage grossier que les régimes à base de fourrage que les bovins consomment lorsqu’ils sont au pâturage. Ces changements dans la composition du régime, la présentation et le temps nécessaire à la consommation provoquent des changements physiologiques dans le rumen et obligent le bétail à passer moins de temps à des comportements oraux (par exemple, mastication de la nourriture, utilisation de la langue pour saisir et tirer sur l’herbe) – tous ces facteurs contribuant aux NNOB. Le toilettage et l’auto-nettoyage sont également classés comme NNOB, mais ils ont une fonction et ne sont pas de nature stéréotypée.

Le fourrage grossier réduirait les comportements oraux non nutritifs

Dans ce contexte, une revue systématique a évalué l’état actuel de la recherche concernant la relation entre l’alimentation et les NNOB chez les bovins. Des recherches de résumés dans les bases CAB, AGRIS, Scopus et SPAC, effectuées avant septembre 2018, ont permis d’identifier 22 articles (25 études) qui analysent l’impact des régimes alimentaires sur les NNOB chez les bovins de boucherie et les bovins laitiers en étable.

Il ressort de cette revue que l’augmentation des quantités de fourrage grossier réduit les NNOB, tandis que la limitation du fourrage grossier les augmente. Cependant, il n’existe pas de preuves d’un effet du type d’ingrédient, de la taille des particules, de la quantité totale d’aliments, du mode d’alimentation ou de l’ajout de minéraux sur les NNOB.

Un domaine de recherche restreint mais diversifié

Parmi les points forts des études retenues pour cette analyse, les auteurs relèvent les conditions d’hébergement similaires entre les différents groupes d’animaux considérés ainsi que des méthodes d’enregistrement fiables et validées des comportements. Toutefois, de nombreuses études n’ont pas pris en compte la méthode de sevrage dans leur sélection d’animaux et certaines études n’ont pas randomisé les animaux dans les différents groupes d’étude ; cela fait donc partie des pistes d’amélioration dégagées pour les futures recherches dans ce domaine. Le risque de biais, déterminé à l’aide des Outils d’évaluation critique JBI, a été jugé « très faible » à la fois pour les essais randomisés et les essais quasi-expérimentaux (non randomisés). Enfin, les études incluses dans la revue affichaient des tailles d’échantillons, des âges et sexes et des schémas expérimentaux variables, mettant en évidence un domaine de recherche restreint mais diversifié.

Référence : Ridge EE, Foster MJ,  Daigle CL. Effect of diet on non-nutritive oral behavior performance in cattle: A systematic review. Livestock Science, Volume 238, 2020, 104063.

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