Production de viande bovine aux USA : pertinence sociétale et impacts sur le changement climatique (TRADUCTION)

Les exploitations bovines font l’objet de critiques concernant leur fardeau environnemental. Or, ces critiques se basent souvent sur des informations incomplètes sur leurs avantages et leurs inconvénients sociaux, économiques, nutritionnels et écologiques, notent les auteurs de cet article. Ils présentent ainsi une perspective fondée sur des données concernant l’importance pour la société américaine du cheptel bovin aux États-Unis et sa contribution au changement climatique via l’émission de gaz à effet de serre (GES).
Selon les données de 2019 publiées par l’Agence américaine de protection de l’environnement, les bovins de boucherie américains ont émis 22,6 % du total des émissions agricoles de GES, soit environ 2,2 % du total des émissions anthropiques d’équivalent CO2 (CO2e). Un modèle informatique a été développé pour relever les défis mondiaux en matière d’énergie et de climat. Celui-ci utilise des améliorations extrêmes dans les systèmes de production de bétail et de cultures. Des simulations effectuées à partir de ce modèle ont indiqué une réduction potentielle des émissions mondiales de CO2e de 4,6 %, mais sans conséquence significative sur l’augmentation des températures d’ici 2030. Il existe de nombreuses sources naturelles et anthropiques d’émissions de méthane (CH4). Contrairement à la contribution accrue des tourbières et des réservoirs d’eau au CO2e atmosphérique, on estime que la diminution constante du cheptel bovin américain a réduit ses émissions de CH4 d’environ 30 % entre 1975 et 2021. Cette décélération des émissions de CH4 de 2,46 Mt CO2e/an pourrait être encore plus importante que ce qui est annoncé. Il existe de nombreuses possibilités d’atténuer les émissions de CH4 de la production de viande bovine, ce qui permet d’envisager de manière réaliste une réduction de 5 à 15 % à court terme, après avoir pris en compte les impacts superposés des stratégies combinées. Les stratégies de réduction comprennent l’introduction dans l’alimentation animale de produits chimiques synthétiques qui inactivent la méthyl-coenzyme M réductase (l’enzyme qui catalyse la dernière étape de la méthanogenèse dans le rumen), d’algues rouges ou d’extraits d’algues, d’antibiotiques ionophores et de produits phytochimiques (par exemple, les tanins condensés et les huiles essentielles).
Par ailleurs, les auteurs notent que le concept de zéro émission nette proposé* pourrait ne pas résoudre le problème du réchauffement climatique. Selon eux, il ne fera qu’équilibrer les futures émissions anthropiques de GES avec les absorptions anthropiques, laissant le réchauffement climatique dans un état d’attente. Or, la solution au réchauffement climatique doit être basée sur un concept d’émissions « inférieures à zéro » ou « nettes négatives » afin d’éliminer efficacement les GES déjà accumulés dans l’atmosphère pour faire baisser leur concentration et, par conséquent, la température mondiale. Et de conclure que les recommandations relatives à la consommation de produits à base de viande rouge devraient tenir compte de la nutrition, de la santé et des maladies humaines, tout en restant indépendantes de potentielles relations causales entre production de viande bovine et impacts environnementaux négatifs, non fondés sur des données scientifiques.
* Le concept de zéro émission nette de CO2, équivalents CO2 ou GES signifie que les émissions anthropiques sont équilibrées par leur élimination anthropique au cours d’une période donnée.
Référence : Tedeschi LO, Beauchemin KA. GALYEAN APPRECIATION CLUB REVIEW: A holistic perspective of the societal relevance of beef production and its impacts on climate change. J Anim Sci. 2023 Jan 16:skad024. (PDF en libre accès)
Source : Journal of Animal Science
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