Métabolomique des biomarqueurs de consommation de viande et de poisson

Contexte: La consommation de viande et de poisson a été associée à diverses maladies chroniques dans des études épidémiologiques d’observation. L’utilisation de biomarqueurs spécifiques pourrait aider à évaluer la consommation de viande et de poisson et ainsi améliorer la classification selon la quantité et le type de viande ou de poisson consommés. Objectif : Une approche métabolomique a été appliquée pour la recherche de biomarqueurs de consommation de viande et de poisson dans une étude d’intervention alimentaire et auprès de sujets de l’étude européenne prospective sur l’étude du cancer et de la nutrition (EPIC). Méthodologie: Dans l’étude d’intervention, 4 groupes de 10 sujets ont consommé des quantités croissantes de poulet, de viande rouge, de viande transformée et de poisson pendant 3 semaines consécutives. Des échantillons des urines des vingt-quatre heures ont été prélevés au cours de chaque période et analysés par chromatographie liquide haute résolution et spectrométrie de masse. Les signaux caractéristiques de l’ingestion de viande ou de poisson ont été répétés chez 50 sujets EPIC pour lesquels un échantillon d’urine des 24 heures et un rappel alimentaire des 24 heures étaient disponibles et qui ont été sélectionnés pour leur consommation exclusive ou la non consommation de l’un des quatre aliments carnés. Résultats: Au total, 249 spectrométries de masse ont indiqué une réponse positive dose-dépendante à la consommation de viande ou de poisson. Dix-huit de ces caractéristiques prédisaient l’absorption optimale des 4 groupes alimentaires dans les échantillons d’urine sur la base d’analyses de courbes avec tests de permutation. Parmi ces signaux, 8 métabolites ont été identifiés. L’ansérine a été identifiée comme spécifique de l’ingestion de poulet, tandis que la triméthylamine-N-oxyde (TMAO) était spécifique du poisson. Les auteurs expliquent que dans d’autres études, les concentrations de TMAO dans les urines et plasma sont également associées à des apports en viande rouge, œufs et produits laitiers. Les produits d’origine animale diffèrent des poissons car ils ne contiennent pas de TMAO libre. Le TMAO est formé par la conversion microbienne de la carnitine et de la choline dans l’intestin. Ces précurseurs sont largement présents dans les aliments d’origine animale sous forme combinée, comme la lécithine pour la choline, dont on sait qu’ils sont peu accessibles pour la conversion en TMAO. Ceci expliquerait l’association élevée de TMAO avec la consommation de poisson plutôt qu’avec celle de viande. Enfin, la carnosine était un indicateur général de la consommation de viande et 3 acylcarnitines (acétylcarnitine, propionylcarnitine et 2-méthylbutyrylcarnitine) étaient des indicateurs de la consommation de viande et poisson. Conclusion : Les biomarqueurs de viande et de poisson identifiés dans ce travail peuvent être utilisés pour étudier les associations entre la consommation de viande et de poisson et le risque de maladie dans les études épidémiologiques. Source : Cheung W, Keski-Rahkonen P, Assi N, Ferrari P, Freisling H, Rinaldi S, Slimani N, Zamora-Ros R, Rundle M, Frost G, Gibbons H, Carr E, Brennan L, Cross AJ, Pala V, Panico S, Sacerdote C, Palli D, Tumino R, Kühn T, Kaaks R, Boeing H, Floegel A, Mancini F, Boutron-Ruault MC, Baglietto L, Trichopoulou A, Naska A, Orfanos P, Scalbert A. A metabolomic study of biomarkers of meat and fish intake. Am J Clin Nutr. 2017 Jan 25. pii: ajcn146639. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28122782
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