Marqueurs métaboliques des régimes alimentaires : consommation de viande, de poisson, végétarisme et végétalisme

Contexte : Le métabolisme humain est influencé par des facteurs alimentaires et de style de vie, la génétique et l’environnement. Les hommes qui excluent de leur alimentation les produits animaux pourraient présenter un profil métabolique différent des autres. Objectif : Rechercher des marqueurs métaboliques spécifiques du régime alimentaire et pouvant prédire le risque de maladies non transmissibles en recherchant des différences de concentrations pour 118 métabolites circulants, dont les acylcarnitines, acides aminés, amines biogènes, glycérophospholipides, hexoses et sphingolipides associés aux métabolismes des lipides, protéines et glucides entre les consommateurs de viande, ceux de poisson, les végétariens et les végétaliens de la cohorte EPIC-Oxford. Méthodologie : Les plasmas de 379 hommes classés selon leur groupe de régime alimentaire ont été analysés par spectrométrie de masse. L’analyse en composante principale a été utilisée pour rechercher les types de profils métaboliques. Résultats : Les concentrations de 79 % des métabolites différaient significativement selon les groupes de régime alimentaire : 12 sphingolipides (86%), 61 glycérophospholipides (79%), 6 acylcarnitines (67%), 2 amines biogènes (67%), 12 acides aminés (63%). Dans la majorité des cas, les végétaliens présentaient les plus faibles concentrations de ces métabolites tandis que les consommateurs de viande présentaient les plus fortes concentrations. Les consommateurs de poisson et les végétariens avaient la plupart du temps les concentrations les plus élevées en acides aminés et en amines biogènes. Les consommateurs de viande présentaient les plus fortes concentrations en créatinine et en 5 des 9 acylcarnitines. Une différence nette était notée entre les 4 groupes alimentaires avec les végétaliens très différents des autres groupes en raison de leurs faibles concentrations en certains glycérophospholipides et sphingolipides. Conclusion : Les profils métaboliques retrouvés dans le plasma diffèrent selon les habitudes alimentaires, en particulier chez les hommes végétaliens comparés à ceux qui consomment des produits animaux. La différence métabolique porte principalement sur les concentrations en sphingolipides et en glycérophospholipides. Ces données pourraient aider dans l’avenir à expliquer le faible risque de certaines maladies métaboliques (comme l’infarctus) chez les individus qui excluent en partie ou totalement les produits animaux de leur alimentation. Source :Metabolic profiles of male meat eaters, fish eaters, vegetarians, and vegans from the EPIC-Oxford cohort. Schmidt JA, Rinaldi S, Ferrari P, Carayol M, Achaintre D, Scalbert A, Cross AJ, Gunter MJ, Fensom GK, Appleby PN, Key TJ, Travis RC. Am J Clin Nutr. 2015 Oct 28. http://ajcn.nutrition.org/content/early/2015/10/28/ajcn.115.111989.long
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