Les graisses saturées jouent-elles vraiment un rôle dans le développement des maladies cardiovasculaires ? (TRADUCTION)

Les maladies cardiovasculaires (MCV) sont la principale cause de décès dans le monde. Mais les acides gras saturés sont-ils vraiment responsables ? Cette analyse des données scientifiques concernant l’association entre consommation d’acides gras saturés et maladies cardiovasculaires indique qu’il n’y a aucun fondement scientifique à la diabolisation des graisses saturées.
Depuis des décennies, l’idée reçue est que la consommation d’acides gras saturés (AGS) nuit à la santé cardiovasculaire, obstrue les artères, augmente le risque de MCV et entraîne des crises cardiaques. Cet article vise à vérifier cette affirmation en examinant les preuves scientifiques récentes sur l’association entre consommation d’AGS et MCV.
Des recherches ont été menées dans PubMed, Google Scholar et Scopus pour trouver des articles publiés entre 2010 et 2021 sur l’association entre la consommation d’AGS et le risque de MCV. Collectivement, ni les études d’observation, ni les études de cohortes épidémiologiques prospectives, ni les essais contrôlés randomisés (ECR), ni les examens systématiques, ni les méta-analyses n’ont établi de manière concluante une association significative entre les AGS dans l’alimentation et le risque cardiovasculaire ultérieur, les maladies coronariennes, l’infarctus du myocarde ou la mortalité ; qu’il s’agisse d’augmentation du risque en cas de consommation élevée d’AGS ou de bénéfices santé en cas d’apports réduits. Les effets bénéfiques du remplacement des AGS par des graisses poly- ou mono-insaturées ou par des glucides quant à eux ne font pas consensus.
Les auteurs en concluent que la consommation d’AGS n’est pas significativement associée au risque de MCV, aux événements et à la mortalité. Les AGS présents naturellement dans les aliments riches en nutriments seraient donc sans risque pour la santé cardiovasculaire.
Référence : Valk R, Hammill J, Grip J. Saturated fat: villain and bogeyman in the development of cardiovascular disease? Eur J Prev Cardiol. 2022 Dec 21;29(18):2312-2321. (PDF sur abonnement)
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