Le rôle de la viande en santé publique comme vecteur de quatre nutriments d’intérêt

Contexte : La viande rouge contient des protéines de haute qualité et des micronutriments essentiels pour la santé. Une consommation modérée mais suffisante de viande rouge est donc souhaitable dans le cadre d’une alimentation équilibrée. EN 2015, le CIRC a publié les conclusions d’un rapport de revue de la littérature scientifique sur les relations entre les consommations élevées de viandes rouges et de viandes transformées et l’augmentation du risque relatif de cancer. Le CIRC avait également précisé dans son communiqué de presse que la viande rouge possède aussi des atouts nutritionnels. C’est pourquoi, depuis cette publication, s’observe une certaine confusion chez les consommateurs. Objectif : L’objectif des auteurs de cette publication (chercheurs irlandais) est de montrer comment l’étiquetage nutritionnel et, en particulier, les allégations nutritionnelles pourraient aider à fournir au consommateur des informations de confiance sur le contenu nutritif de la viande. Cette revue se concentre sur la façon dont la consommation modérée de viande rouge contribue ou pourrait contribuer à l’apport de plusieurs nutriments d’intérêt en santé publique, au niveau international dans les pays développés. Résultats : Les auteurs précisent les différentes définitions associées à la viande selon les structures qui en parlent (ministères de l’agriculture, recherche scientifique, IARC) : viande rouge, viande totale, viande blanche, viande fraiche, transformée. Ils rappellent ensuite la place de la viande dans les recommandations nutritionnelles internationales et les quantités fixées. Les dernières recommandations américaines sont évoquées, notamment les besoins en micronutriments des différentes catégories de population. Le rôle de la viande maigre est alors évoqué comme moyen d’atteindre les besoins pour au moins 4 de ces micronutriments : vitamine D, fer, potassium, sodium (à limiter). Les viandes maigres pourraient porter des allégations nutritionnelles (autorisées par l’EFSA et la FDA) pour valoriser leur contenu en ces micronutriments auprès des consommateurs (« source de fer », « riche en fer », « source de potassium », « source de vitamine D »…). Certaines viandes pourraient aussi porter une allégation du type « pauvre en graisses saturées », d’autres l’allégation « riche en … » protéines, zinc, sélénium, vitamine B6, B12….. Le rôle dans le maintien de la masse musculaire pourrait être valorisé. Le cas de la vitamine D est discuté de par la possibilité d’utiliser la viande comme aliment vecteur de vitamine D en enrichissant l’alimentation des animaux. Conclusion : La viande rouge, en particulier les morceaux maigres, peut à l’évidence jouer un rôle nutritionnel important tout en respectant les grandes lignes des recommandations alimentaires à l’échelle internationale. Les bases de données de composition nutritionnelle des aliments montrent aussi qu’elles sont éligibles à certaines allégations nutritionnelles, en particulier, pour trois des sept nutriments désignés par la récente US DGA (potassium, fer, vitamine D) et considérés comme insuffisamment consommés dans les populations européennes. A l’heure actuelle, selon les auteurs de cette publication et les tables de compositions étrangères qu’ils ont utilisés, le bœuf, mais pas le porc, serait admissible pour porter une allégation «source de vitamine D». Le bœuf et le porc pourrait en revanche alléguer « riche en vitamine D » grâce à des approches de biofortification. Source : Cashman KD, Hayes A. Red meat’s role in addressing ‘nutrients of public health concern’. Meat Sci. 2017 Apr 27. pii: S0309-1740(17)30172-9.
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