Le régime planétaire : une utopie nutritionnelle en conflit avec l’évolution humaine (TRADUCTION)
Début octobre 2025, la commission EAT-Lancet a publié son deuxième rapport sur le Planetary Health Diet, un modèle principalement végétal visant à concilier santé mondiale et durabilité environnementale, mais loin de faire l’unanimité sur le plan nutritionnel. Ainsi, cet article propose une évaluation critique de ce régime à la lumière de la biologie évolutive, de la nutrition clinique et du métabolisme humain. Les auteurs soulignent que son application universelle néglige des aspects biologiques essentiels, tels que la charge glycémique, les nutriments clés d’origine animale et la variabilité génétique.
Malgré son attrait, l’application universelle du modèle alimentaire Planetary Health Diet proposé par la commission EAT-Lancet soulève des inquiétudes quant à la compatibilité métabolique humaine, la suffisance nutritionnelle et la cohérence évolutive.
Cet article évalue de manière critique ce régime et propose un cadre alternatif : le régime autogène, qui correspond davantage à l’héritage physiologique et écologique de l’être humain. Les auteurs ont réalisé une synthèse narrative à partir de publications évaluées par des pairs dans les domaines de la nutrition évolutive, des essais cliniques, de l’oncologie et de la chronobiologie.
Les écueils du régime santé planétaire
Une analyse comparative met en évidence la divergence métabolique entre les régimes alimentaires standardisés riches en glucides et les modèles nutritionnels ancestraux adaptés aux graisses. En effet, le régime planétaire ne répond pas à plusieurs exigences biologiques humaines. Il néglige les aliments d’origine animale riches en nutriments, notamment en DHA, en vitamine B12 et en fer biodisponible ; il favorise la charge glycémique chronique impliquant une sécrétion insulinique accrue ; et il ignore la variabilité génétique et épigénétique interindividuelle.
Le régime autogène comme alternative
En revanche, le régime autogène contient une répartition des macronutriments adaptée à l’espèce (protéines modérées, graisses élevées, glucides faibles), privilégie les aliments locaux et peu transformés, s’aligne sur la biologie circadienne et les cycles de jeûne, et déclenche des mécanismes de suppression des tumeurs.
L’universalisation du régime planétaire représente une simplification excessive sur le plan biologique et culturel. Les stratégies nutritionnelles doivent tenir compte du métabolisme évolutif, de la diversité régionale et des résultats cliniques. Les régimes ancestraux et autogènes peuvent offrir une solution plus efficace et plus écologique, capable de répondre aux besoins nutritionnels basés sur la physiologie fondamentale.
Référence : Spinosa, J.P., Lee, D.C., Duraj, T., Seyfried T.N. The planetary diet: a nutritional utopia in conflict with human evolution. Nutr Metab (Lond) 22, 123 (2025).
Source : Nutrition & Metabolism
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Longévité : une moindre probabilité de devenir centenaire avec un régime végétarien
Cette étude cas‑témoins, réalisée au sein de la cohorte Chinese Longitudinal Healthy Longevity Survey, examine l’association entre régime végétarien et probabilité de devenir centenaire chez plus de 5 000 adultes âgés d’au moins 80 ans au départ. Les participants ont été classés en omnivores ou végétariens (dont pesco‑végétariens, ovo‑lacto‑végétariens et végans), puis suivis jusqu’en 2018… -
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Le steak est innocent : une étude majeure dynamite le lien « prouvé » entre viande rouge et cancer
Cet article revient sur une vaste analyse publiée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) et réévaluant les effets de la consommation de viande rouge non transformée sur la santé à partir des données du programme Global Burden of Disease (GBD). En appliquant une nouvelle grille de preuve, les auteurs de l’étude concluent que… -
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Viande rouge, viande blanche et diabète : un risque minimal autour de 75 g/j de viande rouge
Cette étude menée au sein d’une cohorte chinoise explore la relation entre consommation de viandes rouge et blanche et risque de diabète de type 2, ainsi que l’effet d’une substitution entre ces deux viandes. Les analyses dose‑réponse montrent une courbe en U pour les deux types de viande : le risque de diabète est minimal autour…