Le contrôle de la sécurité sanitaire de l’alimentation : des progrès à consolider

La Cour des comptes a publié, en février 2019, le Tome II de son rapport public annuel sur le thème du contrôle de la sécurité sanitaire de l’alimentation.
Au cours des dernières années, l’Europe a connu des alertes et des crises sanitaires concernant la chaîne alimentaire, avec parfois des conséquences dramatiques en matière de santé publique et un impact économique significatif pour les entreprises concernées.
En 2015 et 2016, une dizaine de décès ont été causés par la contamination aux salmonelles de fromages au lait cru fabriqués en Franche-Comté. En 2016, plusieurs dizaines de foyers d’influenza aviaire hautement pathogène ont été découverts dans la filière palmipède du Grand Sud-Ouest. En 2017, 16 pays de l’Union européenne ont été touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil, produit phytosanitaire utilisé dans le traitement antiparasitaire des animaux domestiques. Enfin en France, en cette même année 2017, 37 nourrissons (selon un rapport de Santé Publique France) ont été contaminés par des salmonelles présentes dans des laits infantiles produits par le groupe Lactalis.
Les risques tiennent à la fois à la diversité des dangers sanitaires pesant sur la chaîne alimentaire, à la complexité croissante des circuits de production et de distribution de denrées, et à la persistance de faiblesses dans la chaîne de contrôle et de gestion des crises. Après un premier contrôle, en 2013, de la politique de sécurité sanitaire de l’alimentation, qui l’avait amenée à formuler cinq recommandations à son rapport public annuel de 2014, la Cour s’est penchée, en 2018, sur les suites qui leur ont été données.
La Cour relève que des progrès ont été réalisés dans la programmation, le ciblage et les suites données aux inspections (I), mais que des faiblesses persistent dans la chaîne de contrôle (II) et que la gouvernance de cette politique publique doit être clarifiée et son financement optimisé (III).
Source : Cour des comptes.
À voir aussi
-
Résidus et contaminants chimiques21 mai 2026Cadmium : des sols et des cultures contaminés, mais des produits animaux peu contributifs
Dans une nouvelle expertise consacrée au cadmium, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) confirme que l’alimentation représente de loin la première source d’exposition de la population française à ce métal lourd, avec une imprégnation jugée trop élevée dans plusieurs classes d’âge. L’agence montre que cette exposition provient essentiellement de la contamination des sols agricoles, elle‑même… -
Zoonoses alimentaires20 avril 2026Viandes en circuits courts : les outils concrets du projet VICTOR pour maîtriser hygiène, rendements et rentabilité
Le projet VICTOR développe des outils opérationnels pour sécuriser la qualité des viandes bovines et porcines en circuits courts et en améliorer la rentabilité. La boîte à outils numérique mise en place pour accompagner les éleveurs devrait les aider à concilier sécurité sanitaire, qualité des produits et viabilité économique. Un premier module « Microbiologie et… -
Résidus et contaminants chimiques20 avril 2026Hiérarchisation des risques dans la filière « viandes bovines » par l’Anses : un premier cas d’application
Dans le cadre d’une saisine sur l’optimisation de la sécurité sanitaire des aliments, l’Anses publie un avis révisé dédié à la priorisation des risques biologiques et chimiques dans la filière « viandes bovines ». Ce travail, mené par le groupe « Priorisation des risques liés aux aliments » (GT PRAlim), applique la méthodologie de hiérarchisation…