La consommation de viande rouge n’influencerait pas négativement les facteurs de risques cardiovasculaires selon une méta-analyse récente

Selon une méta-analyse systémique d’essais contrôlés randomisés réalisées par des chercheurs américains, la consommation de viande rouge (moins de 0,5 portion par jour ou 0,5 portion ou plus par jour) n’affecte pas les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires. Contexte : Les associations d’observation entre les consommations de viandes rouges et les maladies cardiovasculaires (MCV) sont hétérogènes. Il existe peu d’analyses exhaustives d’essais contrôlés randomisés (ECR) qui étudient les effets de la consommation de viande rouge sur les facteurs de risque de MCV. Objectif : Le but de cette méta-analyse systématique était d’évaluer les effets de la consommation de ≥0,5 ou <0,5 portion par jour de viandes rouges totales sur les facteurs de risque de MCV [cholestérol sanguin total (TC), cholestérol LDL, cholestérol HDL, triglycérides, TC/HDL cholestérol (TC/HDL) et les pressions systoliques et diastoliques (SBP et DBP, respectivement)]. Les auteurs partent de l’hypothèse que la consommation de ≥ 0,5 portion de viande rouge totale par jour a un effet négatif sur ces facteurs de risque de MCV. Méthodologie : Deux chercheurs ont examiné de façon indépendante 945 études sur des bases de données PubMed, Cochrane Library et Scopus et extrait les données de 24 essais contrôlés randomisés. Les critères d’inclusion étaient 1) essais contrôlés randomisés, 2) sujets âgés de 19 ans, 3) consommation de ≥ 0,5 ou <0,5 portions par jour de viandes rouges totales (35 g), et 4) déclarant ≥1 facteur de risque de MCV. Les auteurs ont effectué une analyse de variance (ANOVA à 2 facteurs) sur les valeurs post-intervention de TC, cholestérol LDL, cholestérol HDL, TC: cholestérol HDL, triglycérides, PAS et DBP; et ont utilisé une ANOVA à mesures répétées pour évaluer les changements avant et après l’intervention. Résultats : La méta-analyse indique que la consommation de viande rouge (<0.5 portion/jour ou >0.5 portion/jour) n’affecte pas les profils lipidiques et lipoprotéiques, ni les valeurs de pression artérielle après l’intervention (P> 0,05), ni leurs changements dans le temps [Différences non significatives (IC95%)= TC: -0,01 mmol / L (-0,08-0,06 mmol / L) ; LDL chol : 0.02 mmol/L (-0,05-0,08 mmol / L) ; HDL chol : 0,03 mmol / L (-0,01- 0,07 mmol / L) et triglycérides : 0,04 mmol / L (-0,02- 0,10 mmol / L) ; TC/HDL chol : -0,08 nmol/L (-0,26 – 0,11 nmol/L) ; SBP : -1,0 mm Hg (-2,4 – 0,78 mm Hg) et DBP : 0,1 mm Hg (-1,2,- 1,5 mm Hg). Parmi tous les sujets, dans l’ensemble, le cholestérol total, le cholestérol LDL, le cholestérol HDL, le TC/ HDL chol, les triglycérides et la pression diastolique, ont diminué avec le temps (P <0,05) mais pas la pression systolique. Ces résultats indiquent que la consommation de moins de 0,5 portion de viande rouge totale par jour n’influence pas ces facteurs de risque cardiovasculaires cliniquement pertinents et couramment mesurés. Conclusion : Selon les résultats de cette méta-analyse de 24 essais contrôlés randomisés (qui prend en compte la variété des viandes rouges consommées) la consommation de 0,5 portion ou plus de viande rouge totale par jour n’influence pas les lipides sanguins, les lipoprotéines ni les pressions sanguines. Cette consommation est cohérente avec les recommandations américaines de 2010-2015 mais en deçà des consommations moyennes des américains (1,2 portions/jour). Source : O’Connor LE, Kim JE, Campbell WW. Total red meat intake of ≥0.5 servings/d does not negatively influence cardiovascular disease risk factors: a systemically searched meta-analysis of randomized controlled trials. Am J Clin Nutr. 2016 Nov 23. pii: ajcn142521.
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Longévité : une moindre probabilité de devenir centenaire avec un régime végétarien
Cette étude cas‑témoins, réalisée au sein de la cohorte Chinese Longitudinal Healthy Longevity Survey, examine l’association entre régime végétarien et probabilité de devenir centenaire chez plus de 5 000 adultes âgés d’au moins 80 ans au départ. Les participants ont été classés en omnivores ou végétariens (dont pesco‑végétariens, ovo‑lacto‑végétariens et végans), puis suivis jusqu’en 2018… -
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Le steak est innocent : une étude majeure dynamite le lien « prouvé » entre viande rouge et cancer
Cet article revient sur une vaste analyse publiée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) et réévaluant les effets de la consommation de viande rouge non transformée sur la santé à partir des données du programme Global Burden of Disease (GBD). En appliquant une nouvelle grille de preuve, les auteurs de l’étude concluent que… -
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Viande rouge, viande blanche et diabète : un risque minimal autour de 75 g/j de viande rouge
Cette étude menée au sein d’une cohorte chinoise explore la relation entre consommation de viandes rouge et blanche et risque de diabète de type 2, ainsi que l’effet d’une substitution entre ces deux viandes. Les analyses dose‑réponse montrent une courbe en U pour les deux types de viande : le risque de diabète est minimal autour…