Gaz à effet de serre et utilisation des terres cultivées : estimer localement pour une meilleure fiabilité des études d’impact (Traduction)

Cette étude menée au sein de 1885 exploitations répartis dans 33 pays montre que les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant directement du changement d’utilisation des terres à l’échelle locale représentent mieux la dynamique locale de ces changements que celles menées à plus large échelle, ce qui améliore la fiabilité des études d’impact des GES.
Dans les études d’impact des cultures, les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant directement du changement d’utilisation des terres (CUT) sont souvent estimées à l’aide de statistiques nationales sur le changement d’utilisation des terres car, dans de nombreux cas, l’emplacement exact de la culture et l’historique de l’utilisation des terres sont inconnus. Ces études négligent donc la variabilité spatiale du changement d’utilisation des terres (quantité et configuration) au niveau infranational, ainsi que la variabilité spatiale des stocks de carbone naturel. Pour cette raison, une approche spatiale permettant une mise en œuvre cohérente des émissions de la production végétale du CUT à différents endroits a été développée et appliquée dans cette étude. L’ensemble des données sur la production végétale couvre 69 cultures au sein 1 885 exploitations dans 33 pays, en Amérique du Nord et du Sud, en Asie, en Australie et en Océanie, en Europe et en Afrique, en 2014.
Sur ces 1 885 exploitations, 33 % (619 exploitations) ont été identifiées comme ayant des émissions de CUT lorsqu’elles sont estimées à l’échelle locale. Cependant, les émissions de CUT des exploitations agricoles, calculées à l’aide d’informations de localisation à l’échelle locale, se sont avérées peu corrélées à celles estimées à des échelles spatiales plus larges (telles que le niveau de la province ou du pays), qu’elles aient été estimées en utilisant l’approche spatiale appliquée dans cette étude ou à l’aide d’approches basées sur des statistiques nationales. L’analyse à des échelles spatiales plus larges a généralement surestimé les émissions de CUT des cultures, car les CUT d’autres régions peuvent fortement influencer ces estimations. Par conséquent, les chercheurs en concluent que les émissions de CUT à l’échelle locale représentent mieux la dynamique locale des CUT, ce qui améliore la fiabilité des études d’impact des GES.
Référence : Lam WY, Chatterton J, Sim S, Kulak M, Mendoza Beltran A, Huijbregts MAJ. Estimating greenhouse gas emissions from direct land use change due to crop production in multiple countries. Sci Total Environ. 2021 Feb 10; 755(Pt 2):143338. (PDF en accès libre)
Source : Science of the Total Environment.
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