Conférence BEA 2020 de la Coopération agricole

Le 7 octobre 2020 la Coopération Agricole a réuni 200 intéressés autour du bien-être des animaux lors de sa conférence : « Elevage et consommateurs, je t’aime moi non plus ? ».
Fort de la réussite des conférences organisées depuis plusieurs années sur le bien-être des animaux (BEA), le Pôle animal de La Coopération Agricole a décidé de maintenir la 7e édition de ce rendez-vous annuel très attendu, dans un format distanciel afin de garantir le respect des consignes sanitaires en vigueur. Le succès était au rendez-vous : 200 personnes ont manifesté leur intérêt pour cet évènement, avec une moyenne d’environ 130 connections simultanées durant les deux heures de conférence. Ces chiffres confirment bien l’intérêt du public pour l’expertise du Pôle animal de La Coopération Agricole sur le sujet majeur du bien-être des animaux.
« On observe un décalage de plus en plus marqué entre une vision idéalisée que les consommateurs ont de l’élevage et les conditions de vie des animaux » a constaté en introduction, Mickaël MARCEROU, éleveur référent pour le BEA au Pôle animal de La Coopération Agricole. C’est pour décortiquer cette relation des consommateurs à l’élevage et aux produits d’origine animale que le Pôle animal a retenu comme thème pour l’édition 2020 de sa conférence : « Élevage et consommateurs, je t’aime moi non plus ? ». Cinq intervenants étaient réunis sur la scène virtuelle pour éclairer cette problématique de leur témoignage.
Bernard VALLAT, vétérinaire et Directeur général honoraire de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a rappelé et démenti les accusations dont les filières animales font l’objet, « souvent rendu[es] responsables de tous les maux », tant sur les impacts environnementaux que nutritionnels et surtout sur les images non pas de « bien-être » animal mais de « maltraitance » animale. Bernard VALLAT prône une approche collective des filières pour développer une communication sur leurs démarches de progrès amont-aval dans le respect de l’approche « One Health », ou « Une seule santé, et réaffirme le rôle central des filières animales pour la santé des hommes.
Laure BLONDEL, Directrice Conseil chez GreenFlex, a présenté les résultats d’une étude barométrique menée depuis 15 ans sur la consommation responsable des Français : 67% des Français indiquent souhaiter réduire l’impact de leur consommation et 84% « déclarent que l’alimentation est le premier domaine dans lequel ils essaient d’adopter un comportement plus responsable ». Laure BLONDEL a également souligné le rôle pivot des circuits courts et l’intérêt majeur des consommateurs pour la relocalisation des productions à la suite de la crise Covid.
Gérard CLADIERE, Président du groupe « Viandes » de la Fédération du Commerce et de la Distribution, a confirmé cette demande de local chez les enseignes de grande distribution et observé que le transfert entre les viandes ne s’est pas fait de façon homogène lors de la crise Covid. La demande pour plus de bien-être animal dans les politiques des enseignes et chez les consommateurs reste selon lui assez floue. Gérard CLADIERE a insisté : « Le client est surtout axé sur le prix » et s’attend à un arbitrage par le prix sur les demandes liées à l’évolution de la société.
Antoine THIBAULT est éleveur laitier de la coopérative Sodiaal Union et à l’initiative des chaînes YouTube et Twitter @agriskippy. Antoine THIBAULT, lors de son intervention a expliqué : « En octobre 2016, les seules publications sur l’élevage dans les réseaux sociaux provenaient d’organisations antispécistes ou de publicités romancées ». C’est l’origine de sa démarche de communication transparente sur le métier d’éleveur, via sa chaîne YouTube et son compte Twitter. Antoine THBAULT a également fait le constat que le profil des followers est différent entre les deux plateformes, l’une demandant à l’utilisateur du temps et notamment utilisée par des étudiants, et l’autre plus politisée offrant un lien direct à l’ensemble des consommateurs qui souhaitent mieux s’informer sur l’élevage.
Luc MOUNIER, professeur en bien-être animal, responsable de la chaire BEA VetAgroSup – DGAL et représentant des écoles vétérinaires au Centre national de référence pour le bien-être animaux (CNR BEA), a rappelé, en clôture de la table ronde, la différence entre le bien-être, issu notamment des émotions ressenties par l’animal, et la bientraitance, qui couvre l’ensemble des actions de l’Homme pour répondre aux besoins des animaux. Bientraitance et son opposée, maltraitance, sont l’objet des nombreuses vidéos-choc plus que le « bien-être » des animaux, qui est intimement connecté au bien-être des Hommes évoluant à leur contact au sein d’un environnement partagé. Luc MOUNIER a notamment précisé : « Ce concept du « One Welfare », décliné de « One Health » est essentiel pour tenter de comprendre le point de vue de l’animal ».
Après une séance riche de questions/réponses, Mickaël MARCEROU a résumé ces échanges en concluant : « Le bien-être des animaux est l’affaire de tous : des éleveurs, au plus près des animaux, des scientifiques, qui conseillent vers l’amélioration des pratiques, de la grande distribution, qui accompagne les producteurs mais également des consommateurs, qui valorisent les démarches de progrès par leurs achats ».
Source La Coopération Agricole
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