Bœuf et régime méditerranéen : une combinaison qui réduit le TMAO et améliore la diversité du microbiote intestinal
Une étude randomisée et contrôlée montre que l’intégration de bœuf maigre dans un régime de type méditerranéen (jusqu’à 71 g par jour, soit l’équivalent des recommandations actuelles) augmente la diversité du microbiote intestinal et abaisse les concentrations de TMAO, un métabolite associé au risque cardiovasculaire. Comparés à un régime américain standard, les trois régimes méditerranéens testés ont produit des niveaux de TMAO plasmatique et urinaire significativement plus faibles, tout en améliorant les marqueurs de santé digestive. Des résultats qui suggèrent que ce n’est pas tant la présence de viande rouge qui conditionne la réponse métabolique, mais plutôt le contexte alimentaire global.
La consommation de précurseurs de l’oxyde de triméthylamine (TMAO), tels que la carnitine présente dans le bœuf maigre, augmente les concentrations circulantes de TMAO, un marqueur lié aux risques cardiovasculaires. Cependant, une alimentation saine peut atténuer ces effets.
Un ECR sur 30 participants et 4 périodes de 4 semaines
Cette étude randomisée, croisée, en 4 périodes et à alimentation contrôlée a comparé des régimes de type méditerranéen (MED) (42 % de glucides, 17 % de protéines et 41 % de lipides) contenant différentes quantités de bœuf maigre pour un régime de 2000 kcal – 14 g/j (MED 0,5 ; 0,5 oz), 71 g/j (MED 2,5 ; 2,5 oz) et 156 g/j (MED 5,5 ; 5,5 oz) – par rapport à un régime alimentaire standard (52 % de glucides, 15 % de protéines et 33 % de lipides, avec 71 g de bœuf maigre/jour/2000 kcal). Les scientifiques ont évalué les effets de ces 4 régimes sur la composition du microbiote intestinal et les métabolites plasmatiques, urinaires et fécaux, y compris le TMAO et les molécules précurseurs. Trente personnes en bonne santé ont suivi chaque régime pendant 4 semaines, avec une période de sevrage d’au moins une semaine. Des échantillons de sang à jeun, des échantillons d’urine sur 24 heures et des échantillons de selles ont été prélevés au début et à la fin de chaque période de régime de 4 semaines. Les métabolites ont été mesurés par résonance magnétique nucléaire protonique et chromatographie liquide/spectrométrie de masse. La composition du microbiote intestinal a été mesurée en utilisant le séquençage du gène 16S rRNA.
Des taux de TMAO réduits quelle que soit la quantité de bœuf testée
Les 3 régimes MED ont augmenté la diversité du microbiote intestinal par rapport au régime américain standard. Le TMAO plasmatique était plus élevé après le régime américain qu’après les régimes MED 0,5 (différence moyenne 1,78 [IC à 95 %, 1,05-3,06]) et MED 2,5 (2,04 [IC à 95 %, 1,18-3,52]). Le TMAO urinaire était plus élevé après le régime américain qu’après les régimes MED 0,5 (1,88 [IC à 95 %, 1,19-2,97]), MED 2,5 (2,15 [IC à 95 %, 1,37-3,39]) et MED 5,5 (1,76 [IC à 95 %, 1,12-2,77]).
Par rapport à un régime standard, l’ajout de bœuf maigre dans un régime de type méditerranéen jusqu’à 71 g/jour (soit 500 g/semaine comme le préconise les recommandations actuelles) a augmenté la diversité du microbiote intestinal et réduit les concentrations de TMAO chez les adultes en bonne santé.
Référence : DiMattia, Z. S., Zhao, J., Hao, F., Koshkin, S., Bisanz, J. E., Patterson, A. D., Fleming, J. A., Kris-Etherton, P. M., & Petersen, K. S. (2025). Effect of varying quantities of lean beef as part of a Mediterranean-style dietary pattern on gut microbiota and plasma, fecal, and urinary metabolites: A randomized crossover controlled feeding trial. Journal of the American Heart Association, 14(19), e041063.
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