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Biodiversité et agriculture : les acteurs français sont-ils à la hauteur des recommandations internationales ? (article de synthèse)

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité publie un bilan des actions mises en œuvre en France, analysées au regard des recommandations de la Plateforme inter-gouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Bien que des progrès restent à faire, les acteurs du secteur agricole sont déjà largement impliqués dans le développement de systèmes alimentaires durables et respectueux de l’environnement, gages d’une biodiversité préservée.

La Plateforme inter-gouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes, voir encadré) a récemment publié des recommandations pour préserver la biodiversité. Comment se positionne l’agriculture française vis-à-vis de ces préconisations ? Un rapport de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) fait le point.

« Nourrir l’humanité »

Entre 2019 et 2020, l’Ipbes a publié trois évaluations relatives à la dégradation et la restauration des terres au niveau mondial, à la biodiversité régionale en Europe et Asie centrale et à la biodiversité planétaire. La FRB s’est associée à Orée, une association regroupant de multiples acteurs impliqués dans la défense de l’environnement, pour analyser les recommandations issues de ces trois évaluations et les confronter aux initiatives prises en France par les acteurs de terrain (associations, ONG, collectivités publiques, entreprises, agriculteurs et syndicats agricoles, …) pour préserver la biodiversité. Le fruit de ce travail est publié dans un document intitulé « Biodiversité – Les acteurs français passent à l’action ». Le document s’articule autour de trois grands axes : « Nourrir l’humanité », « Des sociétés résilientes et durables » et « Préserver la biodiversité pour elle-même ». L’axe « Nourrir l’humanité » détaille treize recommandations de l’Ipbes relatives à la durabilité des systèmes alimentaires, et met en regard les actions menées en France en la matière, dont les actions issues du monde agricole.

Des recommandations internationales…

Ainsi, la mise en œuvre de pratiques agroécologiques (agroforesterie, plantation de haies, couverture permanente des sols et semis direct, diversification des cultures) et le maintien de sols vivants et riches en matière organique (gage de productivité, de lutte contre l’érosion et de résilience face aux épisodes de sécheresse) constituent les deux premières mesures préconisées par l’Ipbes. Autres leviers évoqués : la diminution du recours aux intrants chimiques (fertilisants et pesticides) et la gestion des ressources hydriques. Plus en aval de la production, l’amélioration de l’équité dans la redistribution des bénéfices issus de l’agriculture et de l’élevage et la réduction du gaspillage alimentaire constituent d’autres actions à promouvoir pour garantir la durabilité des systèmes alimentaires.

… aux actions de terrain

Comme le souligne le rapport, les acteurs français mettent en œuvre de nombreuses actions conformes à ces recommandations : développement d’outils de diagnostic agro-environnementaux permettant d’identifier les pratiques « vertueuses », combinant performances technico-économiques et moindre impact environnemental ; maintien de surfaces d’intérêt écologique au sein des exploitations (haies, arbres, mares, …) ; recours aux cultures fixatrices d’azote pour limiter les intrants chimiques, etc.

Pour ce qui concerne plus particulièrement l’élevage, sont notamment mis en avant les contrats de prestation de services environnementaux, assurant un complément de revenu aux éleveurs dont les troupeaux participent au maintien des prairies alluviales et des milieux de montagne.  Le projet CASDAR INDIBIO mené par l’Institut de l’élevage, visant à mettre au point des indicateurs indirects de la biodiversité dans les systèmes d’élevage, est également cité. Enfin, la réduction des superficies en maïs irrigué et le développement de systèmes fourragers diversifiés nécessitant peu d’irrigation dans de nombreux élevages s’inscrit pleinement dans une démarche de gestion responsable des ressources hydriques.

Malgré cet ensemble d’actions déjà engagées, de nombreux progrès restent à faire sur le plan de la formation et de l’accompagnement technique des agriculteurs, mais aussi d’un point de vue économique, pour favoriser une répartition plus équitable des valeurs créées par le secteur agricole et assurer un revenu décent aux producteurs.

 La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité (Ipbes)

La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes) est un organe inter-gouvernemental indépendant créé en 2012, comptant plus de 130 Etats membres. Elle fournit aux décideurs des évaluations scientifiques objectives de l’état des connaissances sur la biodiversité de la planète, les écosystèmes et leurs bénéfices pour les populations, ainsi que des outils et des méthodes pour les protéger et les utiliser de manière durable. Ses rapports ont vocation à informer les Etats, et à guider les actions du secteur privé et de la société civile afin d’assurer une prise de décision basée sur les connaissances aux niveaux local, régional et international.

Source : Biodiversité – Les acteurs français passent à l’action. Recueil d’actions à la lumière des recommandations de l’Ipbes.

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