Les protéines musculaires cultivées ne représentent pas une option viable pour plus de durabilité (TRADUCTION)
Après une description du développement de la culture cellulaire pour la production alimentaire de protéines musculaires, des technologies utilisées et des acteurs impliqués, cet article identifie ses impacts environnementaux potentiels ainsi que les questions réglementaires, sociales et éthiques soulevées. Les auteurs estiment in fine que, par rapport à d’autres solutions durables potentielles (réduction des pertes et déchets alimentaires, développement de l’élevage agroécologique ou du marché d’autres substituts à la viande…), les protéines musculaires cultivées ont un avenir incertain.
Aujourd’hui, notre système agroalimentaire doit fournir suffisamment d’aliments sains et de bonne qualité à une population humaine croissante. Cependant, il devrait également préserver les ressources naturelles et mieux protéger le bétail. Dans ce contexte, certaines entreprises de la FoodTech développent une approche novatrice, encore au stade de la R&D : la culture cellulaire pour la production alimentaire de protéines musculaires.
Cet article met en lumière son développement, les technologies utilisées et les acteurs impliqués (Partie 1), ses impacts environnementaux potentiels (Partie 2), mais aussi les questions réglementaires, sociales et éthiques soulevées (Partie 3). L’objectif est d’éclairer sur deux controverses majeures liées aux protéines musculaires cultivées. La première concerne ses aspects éthiques, qui comprennent différents points : son potentiel à réduire la souffrance animale et donc à améliorer le bien-être des animaux, les valeurs futures de notre société et une tendance à l’artificialisation de l’alimentation. La seconde porte sur des questions environnementales, sanitaires et nutritionnelles, en relation avec les caractéristiques et la qualité des protéines musculaires cultivées, avec une question importante : devons-nous appeler cela de la viande ?
Ces deux controverses soulèvent des questions sociétales, juridiques et, par conséquent, politiques. Les réponses aux différentes questions dépendent de visions différentes du monde, des acteurs, des consommateurs et des citoyens. Certains d’entre eux plaident pour une réduction modérée ou forte de l’élevage, voire pour l’abolition de l’élevage perçu comme une exploitation des animaux de ferme. D’autres souhaitent simplement une réduction du modèle intensif/industriel actuel, très critiqué. Comparée à d’autres solutions durables potentielles à mettre en œuvre, telles que la réduction des pertes et déchets alimentaires, l’adoption de nouvelles habitudes de consommation alimentaire avec moins de protéines animales, l’intensification durable, le développement de l’élevage agroécologique ou le développement du marché d’autres alternatives à la viande (protéines d’origine végétale, mycoprotéines, algues, insectes…), les protéines musculaires cultivées ont un avenir incertain.
Référence : Hocquette JF, Chriki S, Fournier D, Ellies-Oury MP. Review: Will « cultured meat » transform our food system towards more sustainability? Animal. 2024 Mar 26: 101145 (PDF en libre accès)
Source : Animal
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Longévité : une moindre probabilité de devenir centenaire avec un régime végétarien
Cette étude cas‑témoins, réalisée au sein de la cohorte Chinese Longitudinal Healthy Longevity Survey, examine l’association entre régime végétarien et probabilité de devenir centenaire chez plus de 5 000 adultes âgés d’au moins 80 ans au départ. Les participants ont été classés en omnivores ou végétariens (dont pesco‑végétariens, ovo‑lacto‑végétariens et végans), puis suivis jusqu’en 2018… -
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Le steak est innocent : une étude majeure dynamite le lien « prouvé » entre viande rouge et cancer
Cet article revient sur une vaste analyse publiée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) et réévaluant les effets de la consommation de viande rouge non transformée sur la santé à partir des données du programme Global Burden of Disease (GBD). En appliquant une nouvelle grille de preuve, les auteurs de l’étude concluent que… -
Santé, pathologies et prévention20 avril 2026Viande rouge, viande blanche et diabète : un risque minimal autour de 75 g/j de viande rouge
Cette étude menée au sein d’une cohorte chinoise explore la relation entre consommation de viandes rouge et blanche et risque de diabète de type 2, ainsi que l’effet d’une substitution entre ces deux viandes. Les analyses dose‑réponse montrent une courbe en U pour les deux types de viande : le risque de diabète est minimal autour…