Les régimes végétaliens augmenteraient le risque de mortalité (TRADUCTION)
Cette étude est l’une des premières à examiner les effets des différents types de végétarisme et le risque de mortalité au sein d’une population adulte. Bien que ces résultats doivent faire l’objet de recherches plus approfondies, ils indiquent un risque de mortalité toutes causes confondues accru de 27 % chez les participants suivant un régime végétalien comparé à ceux n’excluant aucun produit animal.
La popularité des régimes végétariens a accru le besoin d’études sur leurs effets à long terme sur la santé. Un nombre limité d’études, dont une seule portant sur une population mixte incluant des non-végétariens, ont examiné le risque de mortalité lié au végétarisme autodéclaré et ont rapporté des résultats incohérents. Les chercheurs ont donc souhaité évaluer ici les associations prospectives entre les régimes végétariens et la mortalité toutes causes confondues chez 117 673 participants à l’étude de cohorte Prostate, Lung, Colorectal and Ovarian Cancer Screening Trial (essai de dépistage du cancer de la prostate, du poumon, du côlon et de l’ovaire). Le statut du régime végétarien était auto-identifié dans le questionnaire ; les décès déterminés à partir de questionnaires de suivi et de la base de données de l’index national des décès ; et le risque de mortalité toutes causes confondues estimé en Hazard ratio (HR) et intervalles de confiance à 95 % (CI) après utilisation de modèles de régression multivariable de Cox.
Un risque de mortalité accru de 27 % chez les végétaliens
Par groupe de régime, il y avait 116 894 omnivores (aucune exclusion de produits animaux), 329 lactovégétariens et/ou ovovégétariens (exclusion de la viande, mais consommation de produits laitiers et/ou œufs), 310 pesco-végétariens (exclusion de la viande, mais consommation de poisson et fruits de mer) et 140 végétaliens (exclusion de tous les produits animaux). Après un suivi moyen de 18 ans, 39 763 participants sont décédés. Le risque de mortalité toutes causes confondues ne différait pas de manière statistiquement significative entre les quatre groupes de régime. Par rapport au groupe omnivore, les risques (IC à 95 %) étaient respectivement de 0,81 (0,64-1,03) pour le groupe pesco-végétarien, de 0,99 (0,80-1,22) pour le groupe lacto/ovo-végétarien et de 1,27 (0,99-1,63) pour le groupe végétalien. Ainsi, comparé aux omnivores le risque de mortalité était augmenté de 27 % chez les végétaliens. Pas de différence statistique en revanche, lorsque le risque de mortalité des lacto/ovo-végétariens et des végétaliens combinés était comparé à celui des mangeurs de viande et de poisson (omnivores et pesco-végétariens) (HR [IC 95 %] = 1,09 [0,93-1,28]). Cette étude étant l’une des deux seules études à évaluer les effets du végétarisme sur la mortalité dans une population mixte, les auteurs notent néanmoins le besoin de recherches plus approfondies pour valider ces résultats.
Référence : Blackie K, Bobe G, Takata Y. Vegetarian diets and risk of all-cause mortality in a population-based prospective study in the United States. J Health Popul Nutr. 2023 Nov 23; 42(1):130.
À voir aussi
-
Nutrition24 juillet 2026Dénutrition et protéines animales : un enjeu central pour une restauration collective durable en secteur sanitaire
Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a publié en juin 2026 sur le site Ma Cantine un guide pratique pour une restauration collective durable dans le secteur sanitaire. Objectif : préciser les repères à suivre dans les établissements de santé et médico‑sociaux. Le document rappelle notamment que la prévention et la prise en… -
Santé, pathologies et prévention24 juillet 2026Structure cérébrale et consommation de viande : l’importance du type de viande et de sa teneur en gras
Cette étude, qui a utilisé les données de la UK Biobank, a examiné les associations entre la consommation auto‑rapportée de différents types de viande (viande rouge maigre - gras visible retiré - vs grasse – persillée-, porc, porc transformé, abats) et plusieurs indices globaux de structure cérébrale mesurés par IRM (épaisseur corticale moyenne, volumes totaux… -
Santé, pathologies et prévention24 juillet 2026Une étude du MIT révèle le rôle réparateur de la cystéine sur la muqueuse intestinale
Toutes les sources de protéines ne sont pas équivalentes en termes d’apports en acides aminés, dont la cystéine, acide aminé semi‑essentiel, présent à des teneurs généralement élevées dans les viandes rouges, abats, volailles, poissons, œufs et produits laitiers, tandis que seuls certains végétaux (soja, graines de tournesol, certaines noix, blé complet et avoine) constituent des…