Élevage et climat : la façon de compter le méthane change tout

Cet article publié dans la revue Viandes & Produits Carnés examine comment le choix de la métrique climatique utilisée pour convertir les émissions de gaz à effet de serre en équivalents CO₂ influence l’estimation de la contribution de l’élevage au réchauffement global. Les auteurs ont comparé le potentiel de réchauffement global à 100 ans (PRG₁₀₀ ou GWP₁₀₀), actuellement utilisé dans la plupart des inventaires, à des métriques alternatives plus dynamiques, sur la base de scénarios prospectifs de la FAO à 2050, à la fois pour le méthane entérique, le méthane issu des déjections et le protoxyde d’azote. Ils montrent que le PRG₁₀₀ tend à surestimer l’impact du méthane lorsque les émissions sont stables ou en baisse (comme c’est le cas dans plusieurs régions d’Europe) et à le sous‑estimer lorsqu’elles augmentent rapidement. Résultat : des diagnostics erronés sur la contribution relative des différents secteurs. Tout en rappelant que la réduction des émissions reste nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques, l’étude met ainsi en évidence que la part de l’élevage dans le réchauffement additionnel peut être significativement moindre que ne le suggèrent les approches classiques. Les auteurs plaident pour une évolution des métriques climatiques, avec une prise en compte explicite de la durée de vie courte du méthane et de son effet transitoire sur la température, comme dans le PRG*, afin d’éclairer plus finement les stratégies de décarbonation des systèmes d’élevage et d’éviter les comparaisons simplistes entre méthane biogénique et CO₂ fossile.

 Pour en savoir plus : Vers une meilleure estimation de la contribution du méthane venant de l’élevage au réchauffement climatique

Source : Viandes & Produits Carnés

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