Carences en folates, vitamine B12 et vitamine D : des facteurs clés dans la fragilité des personnes âgées
Cet revue de la littérature examine le rôle des vitamines B9 (folates), B12 et D dans la survenue et l’aggravation de la fragilité chez les personnes âgées, un syndrome de vulnérabilité associé à un risque plus élevé de chutes, d’hospitalisations, de dépendance et de mortalité. Les auteurs montrent, à partir d’études observationnelles et d’essais d’intervention, qu’un statut vitaminique insuffisant ou déficitaire est fréquemment observé chez les sujets âgés et associé à ce risque de fragilité, en lien avec des mécanismes impliquant le métabolisme de l’homocystéine, le stress oxydant, l’inflammation, la perte de masse musculaire, les troubles de la marche et les troubles cognitifs. Ils soulignent également que les preuves sur l’efficacité des supplémentations isolées restent limitées et parfois contradictoires.
La fragilité est un syndrome lié au vieillissement qui se caractérise par un déclin physiologique, une vulnérabilité accrue et un risque plus élevé de problèmes de santé. Les carences nutritionnelles, en particulier en vitamines B9, B12 et D, sont fréquentes chez les personnes âgées en raison des changements physiologiques et de la diminution des apports alimentaires. Les recherches suggèrent une corrélation entre de faibles niveaux de ces vitamines et un risque accru de fragilité.
Le maintien de niveaux optimaux de vitamines B9, B12 et D peut réduire la fragilité
La vitamine B9, essentielle à la synthèse de l’ADN et à la division cellulaire, présente un potentiel dans la prévention de la fragilité, bien que les preuves concernant la supplémentation restent peu concluantes. De même, la vitamine B12, essentielle au fonctionnement des nerfs et à la formation des globules rouges, présente des résultats contradictoires quant à son impact sur la prévention de la fragilité. La vitamine D, essentielle à la santé osseuse et à la fonction musculaire, est quant à elle liée au risque de fragilité, mais les études sur l’efficacité de la supplémentation ont donné des résultats mitigés. Les mécanismes impliquant ces vitamines, notamment leur rôle dans la méthylation de l’ADN et la régulation de l’inflammation, soulignent la nécessité de poursuivre les recherches afin de clarifier leur impact direct sur la prévention de la fragilité. Le maintien de niveaux optimaux de vitamines B9, B12 et D peut réduire la fragilité, mais les personnes âgées ont besoin d’une approche complète qui inclut une alimentation adéquate, une activité physique et d’autres mesures préventives.
Référence : Busadee Pratumvinit, Julien De Biasi, Yuwadee Boonyasit et al. (2026). Roles of folate, vitamin B12 and vitamin D in older individuals with frailty. Nutrition Research Reviews, 39(1), 1–23.
Source : Nutrition Research Reviews
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Une consommation protéique de 1,1 à 1,6 g/kg/j associée à une moindre fragilité chez les femmes de plus de 75 ans
Cette analyse transversale étudie l’association entre apports protéiques totaux, animaux et végétaux d’une part, et présence d’une fragilité multidimensionnelle d’autre part, chez 1 380 femmes australiennes vivant à domicile et âgées en moyenne de 75 ans. Les apports étaient estimés par questionnaire de fréquence alimentaire et la fragilité par un indice intégrant activités de la… -
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Les protéines animales associées à une moindre prévalence de dépression chez les adultes
Cette étude transversale coréenne analyse l’association entre sources de protéines alimentaires et dépression dans un échantillon représentatif de 17 125 adultes, dont 7 287 hommes et 9 838 femmes. La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire-9, et les apports alimentaires par rappel de 24 heures. Après ajustement sur les facteurs de confusion, aucune… -
Composition et apports nutritionnels3 juin 2026Des apports plus faibles en protéines animales chez les personnes âgées sarcopéniques
Cette étude transversale descriptive compare les consommations alimentaires de 50 personnes âgées autonomes vivant à domicile dans le sud-est du Brésil, avec ou sans sarcopénie. Le diagnostic reposait sur trois critères : absorptiométrie biphotonique à rayons X, force de préhension et vitesse de marche, tandis que les apports alimentaires étaient estimés via trois rappels de…