Antibiorésistance en santé animale : des progrès confirmés selon le bilan 2024 de l’Anses
À l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, l’Anses a publié son bilan 2024 de l’antibiorésistance en santé animale, fondé sur le suivi des ventes et usages des antimicrobiens vétérinaires, la surveillance des bactéries pathogènes animales (Résapath) et le dispositif européen dans la chaîne alimentaire. Les résultats confirment la poursuite des tendances à la baisse de l’exposition des animaux aux antibiotiques et des niveaux de résistance observés depuis le lancement du plan Ecoantibio en 2012, tout en rappelant la nécessité de maintenir l’effort dans une approche « Une seule santé ». Le document complet (103 pages, novembre 2025) est disponible sur le site de l’Anses.
Le rapport de l’ANMV-ANSES sur la surveillance des ventes et utilisations de médicaments antimicrobiens chez l’animal en 2024 montre une exposition des animaux aux antibiotiques stable par rapport à 2023 (-0,4 %), avec un indicateur ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobial) à 0,307, légèrement au-dessus de l’objectif Ecoantibio 3 de 0,3.
Réduction de 49 % de l’exposition toutes espèces confondues
Depuis 2011, cette exposition a diminué de 49 % toutes espèces confondues, grâce à une forte réduction des prémélanges médicamenteux et des formes orales. Le tonnage total d’antibiotiques vendus s’élève à 276 tonnes, dominé par les tétracyclines (28 %), pénicillines (23 %) et sulfamides (14 %), tandis que les antibiotiques critiques (fluoroquinolones et céphalosporines 3e/4e générations) ne représentent que 0,3 %. Cette stabilité masque toutefois des dynamiques contrastées selon les filières.
Résistance bactérienne et enjeux spécifiques des ruminants
Les données de surveillance de l’antibiorésistance confirment que les antibiotiques critiques pour la santé humaine restent peu utilisés en médecine vétérinaire, y compris chez les ruminants. Néanmoins, certains profils de résistance bactérienne, notamment chez les caprins, appellent à une vigilance renforcée. L’Anses souligne l’importance de poursuivre le développement des antibiogrammes, l’amélioration des pratiques d’élevage et le recours raisonné aux traitements, afin de consolider les acquis du plan Écoantibio et prévenir toute reprise durable de l’exposition aux antimicrobiens.
Pour en savoir plus : Antibiorésistance en santé animale : bilan 2024
Source : Anses
À voir aussi
-
Santé animale24 juillet 2026Les maladies émergentes : surveiller et s’informer pour mieux se préparer
Face aux risques sanitaires engendrés par l’émergence de certaines maladies animales en Europe et dans le monde, GDS France revient sur la notion de maladie émergente en élevage, en insistant sur l’importance de la surveillance et de l’accès à une information fiable pour anticiper ces risques et adapter les pratiques. L’article rappelle que de nombreuses… -
Santé animale24 juillet 2026GDS France rappelle les principes clés de la biosécurité
Dans un contexte sanitaire marqué par l’émergence et la recrudescence de maladies animales, GDS France consacre un article à la biosécurité en élevage, en la présentant comme un ensemble de mesures complémentaires visant à prévenir l’introduction et la diffusion de maladies dans les troupeaux, plutôt que comme une liste de contraintes isolées. Le texte rappelle… -
Santé animale24 juillet 2026Clavelée ovine et caprine : la Plateforme ESA renforce son alerte face à la progression de la maladie en Europe
Le 30 juin 2026, la Plateforme Épidémiosurveillance santé animale (ESA) a actualisé sa fiche alerte consacrée aux varioles ovines et caprines, en signalant que trois pays de l’Union européenne sont désormais touchés par la clavelée, ce qui renforce la nécessité de vigilance pour les États membres encore indemnes. Cette mise à jour fait le lien…