Un essai contrôlé randomisé prouve les insuffisances d’apports en micronutriments du régime planétaire EAT-Lancet (TRADUCTION)
Cet essai contrôlé randomisé de 12 semaines rapporte pour la première fois les effets d’un régime alimentaire durable sur les apports et le statut en micronutriments. Avec une réduction de 22 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’alimentation, le régime MyPlanetDiet a entraîné de nombreuses diminutions d’apports en micronutriments essentiels et une augmentation correspondante des prévalences d’apports insuffisants, notamment en riboflavine, calcium, zinc, sélénium et vitamines B6 et B12. Ces réductions se sont produites malgré la consommation de produits animaux selon des recommandations pourtant légèrement supérieures aux moyennes préconisées dans le EAT-Lancet 2025 : 5 portions hebdomadaires de protéines animales (représentant ~450 g de viande ou œuf – dont maximum 140 g de bœuf ou agneau – et ~240 g de poisson par semaine), ainsi que de 1 ,5 à 2,5 portions de produits laitiers par jour.
Pour compléter les observations de l’épidémiologie nutritionnelle, il est essentiel de disposer de données issues d’études d’intervention alimentaire visant à tester la capacité des régimes durables à répondre aux besoins en micronutriments.
Un ECR multicentrique conduit sur 12 semaines et 355 participants
C’est l’objectif de l’étude MyPlanetDiet, un essai contrôlé randomisé en simple aveugle mené auprès de 355 adultes en bonne santé âgés de 18 à 64 ans dans 3 centres et pendant 12 semaines. Les participants ont reçu des conseils diététiques personnalisés : le groupe d’intervention a suivi un régime alimentaire sain et durable, tandis que le groupe témoin a suivi un régime alimentaire sain. Les émissions de gaz à effet de serre (GES), les apports en micronutriments et les biomarqueurs de l’état nutritionnel ont été évalués, et la prévalence des apports insuffisants a été définie par la proportion de participants dont les apports habituels étaient inférieurs aux besoins moyens définis.
De nombreuses insuffisances d’apports en vitamines et minéraux
Des changements différentiels ont été observés dans les apports du groupe d’intervention (sain et durable) par rapport au groupe témoin (sain). Malgré une réduction des émissions de GES, il entraîne une augmentation des apports insuffisants, notamment en vitamines B12, B6, C, riboflavine, calcium, zinc et sélénium, par rapport au régime témoin.
Les micronutriments à intégrer à la durabilité
Les auteurs en concluent que le régime alimentaire testé, basé sur des principes alimentaires durables, a permis de réduire les émissions de GES liées à l’alimentation mais également les apports en plusieurs micronutriments. Ces résultats montrent que les micronutriments doivent être pris en compte dans l’élaboration de régimes alimentaires respectueux de l’environnement.
Référence : Leonard, U. M., et al. (2025). Impact of sustainable diets on micronutrient intakes and status: A randomized controlled trial. The American Journal of Clinical Nutrition, 122(5) :1275-1288.
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