Viandes rouges : le temps est venu de procéder à un changement dans les recommandations alimentaires

Selon les auteurs canadiens de cet article paru dans Meat Science, il faudrait revaloriser la viande rouge maigre dans les recommandations alimentaires au regard des intérêts nutritionnels qu’elle présente. Synthèse : Les données récentes suggèrent que les recommandations de limiter la viande rouge sont souvent inutilement trop restrictives, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur la santé. Les auteurs s’appuient pour cela sur une revue des données scientifiques issues des études de population, des méta-analyses et des essais randomisés contrôlés rapportant qu’il n’existe pas d’association entre la consommation de viandes rouges non transformées (viandes brutes, hors charcuterie) et les causes de mortalité (cancer, cardiovasculaire) ou le risque de maladies cardiovasculaires. Ils rappellent que les viandes rouges peu grasses contiennent les mêmes proportions d’acides gras monoinsaturés que d’acides gras saturés ainsi que des petites quantités de polyinsaturés. Ils rappellent également que l’acide stéarique, principal acide gras saturé des viandes rouges n’augmente pas les niveaux de cholestérol-LDL. Riches en protéines de haute qualité et en nutriments, les viandes rouges peuvent jouer un rôle important pour aider les populations à satisfaire leurs besoins nutritionnels essentiels (minéraux et vitamines). Ces protéines de haute qualité peuvent aussi avoir un intérêt dans la perte de poids et l’amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire. Les auteurs rappellent enfin que l’association entre les acides gras saturés et le risque cardiovasculaire a récemment été remise en question. Actuellement, les conseils alimentaires visant à limiter la consommation de viande rouge sont repris dans la plupart des pays, même lorsque les consommations réelles moyennes de viande rouge dans ces pays ne sont pas supérieures et satisfont les recommandations. En parallèle, les apports énergétiques provenant des aliments transformés sont augmentés de façon spectaculaire au détriment des aliments riches en éléments nutritifs, tels que la viande rouge. Les recherches suggèrent que ces tendances alimentaires sont associées à l’augmentation croissante de l’obésité et de ses maladies associées au cours des dernières décennies. Ils concluent qu’il est temps de revoir les priorités des recommandations alimentaires et de valoriser la viande rouge maigre non transformée comme une composante naturelle d’une alimentation saine et équilibrée. Source : Red meats: Time for a paradigm shift in dietary advice. Binnie MA, Barlow K, Johnson V, Harrison C.Meat Sci. 2014 Jul 10 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25041653
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