Une publication scientifique sur les solutions pour développer un élevage durable dans les pays à faible et moyen revenus

Alors que l’élevage fait l’objet de nombreuses critiques en lien avec son impact environnemental, un article de perspective paru dans la revue Environmental Research Letters rappelle les fonctions essentielles que l’élevage assure dans les pays à faible et moyen revenus et sa contribution nécessaire à l’atteinte des objectifs de développement durable.
Le secteur de l’élevage et ses impacts environnementaux font l’objet d’une préoccupation mondiale croissante. Depuis la publication du rapport « Livestock’s Long Shadow* » par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) en 2006, l’élevage est critiqué de toutes parts pour sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES), au changement d’affectation des terres, à la dégradation des sols, à l’utilisation de l’eau et à la perte de biodiversité. Des rapports récents, tels que le rapport EAT-Lancet, ont fait l’objet de nombreuses reprises médiatiques faisant valoir que l’une des principales solutions pour enrayer le changement climatique et les crises sanitaires consiste à consommer beaucoup moins d’aliments d’origine animale.
Elevage : des fonctions essentielles dans les pays à faible et moyen revenu
Ce discours négatif sur l’élevage, qui trouve principalement son origine dans les systèmes de production industriels et la surconsommation de produits animaux dans les pays occidentaux, occulte les rôles complexes et souvent positifs que joue l’élevage dans les pays à faible et moyen revenus en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie du Sud (-Est). En particulier, l’emphase mise sur certains impacts environnementaux de l’élevage (émissions de GES notamment), ignore les fonctions essentielles de subsistance qu’il permet dans les petites exploitations : nutrition, revenus, fourniture d’actifs, assurance, cycle des nutriments…
Une contribution aux objectifs de développement durable
Des institutions telles que la FAO œuvrent ainsi en faveur d’une prise de conscience des contributions de l’élevage aux objectifs de développement durable, notamment en termes de croissance économique, de réduction de la pauvreté, de lutte contre la malnutrition, d’égalité des sexes et de fourniture de services écosystémiques. Par exemple, les régimes alimentaires à base de céréales des personnes pauvres vivant dans les pays à faible et moyen revenus manquent régulièrement de (micro)nutriments biodisponibles, qui sont très concentrés dans les produits de l’élevage. Des populations sensibles comme les femmes enceintes et allaitantes et les enfants bénéficieraient d’une consommation accrue, et non réduite, de produits animaux pour améliorer leur santé physique et cognitive et réduire les retards de croissance.
Dans ce contexte, un article de perspective publié dans Environmental Research Letters présente les résultats d’une nouvelle analyse démontrant le besoin urgent de données spécifiques aux pays à faible et moyen revenus sur la question de l’élevage et de l’environnement, afin d’apporter un éclairage plus nuancé aux débats et aux prises de décisions mondiales en faveur du développement d’un élevage durable.
Référence : Birthe K Paul et al. Sustainable livestock development in low- and middle-income countries: shedding light on evidence-based solutions. 2021. Environ. Res. Lett. 16 011001.
* L’ombre de l’élevage
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