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Un article interroge sur la notion de « clean » entourant l’agriculture cellulaire et notamment la viande in vitro

La clean meat, ou « viande propre » ou « viande cultivée » ou « viande in vitro » est une innovation inscrite au centre d’un paradigme de production alimentaire en émergence : l’agriculture cellulaire.

Selon ses promoteurs, « l’agriculture cellulaire, ou Cell-Ag en abrégé, est la science ou la pratique des produits animaux issus de cellules animales, plutôt que d’animaux entiers ». Cela inclut, mais sans s’y limiter, les « produits animaux destinés à l’alimentation tels que la viande, le lait et les œufs, ainsi que le cuir, la soie et la corne de rhinocéros ». Il s’agit de fournir des produits animaux non entachés de mort animale i. e. moralement « clean », mais également, concrètement, non contaminés par le corps « sale » de l’animal de ferme. Cela en changeant le niveau d’extraction de la matière animale : la cellule plutôt que l’animal, l’incubation plutôt que l’incarnation.

Ainsi que l’exprime Mark Post, biologiste néerlandais pionnier de ce type de recherches et aujourd’hui à la tête de la start-up Mosa Meat, financée par Sergey Brin (cofondateur de Google), par Bell Group Food et par M. Ventures (le fonds d’investissement de l’entreprise pharmaceutique Merck) : « La viande in vitro de bovin est 100 % naturelle, elle grossit en dehors de la vache ». Nous verrons que cette assertion renvoie à un fonds commun de représentations partagées par les biologistes, par les universitaires, et par les militants qui défendent cette innovation. La clean meat est promue comme une innovation extraordinaire…

Référence : Jocelyne Porcher. Incarnation ou incubation ?  Les animal studies et la « clean meat ». Zilsel 2020/2 (N° 7), pages 292-306.

 

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