Un article dévoile ce que pensent les Français de la culture de cellules musculaires

Une enquête, dont les résultats ont été publiés dans la revue Viandes & produits carnés, a évalué la perception des consommateurs français au sujet de la culture de cellules musculaires. Les données indiquent que ces protéines de synthèse représenteraient au mieux un marché de niche s’adressant environ à un cinquième des Français, alors qu’un autre cinquième des sondés estime que ce type de produit n’a aucun avenir.
Cette étude avait pour objectif d’étudier la perception des consommateurs français au sujet d’une nouvelle biotechnologie qui fait actuellement l’objet de différents questionnements scientifiques malgré un fort engouement médiatique : « les protéines de synthèse ». Pour cela, un sondage internet via Google Forms a été diffusé. L’échantillonnage des sondés, bien que très conséquent (4 533 réponses), s’éloigne légèrement des caractéristiques moyennes de la population française par une sur-représentation des jeunes de 18 à 30 ans (42,7 %), de personnes connaissant le secteur de la viande (28,0 %) et de scientifiques (52,6 %).
91,7 % des sondés ne sont pas prêts à en acheter
Environ 40 à 50 % des sondés estiment que l’élevage fait face à des problématiques éthiques et environnementales. Toutefois, seulement 18 à 26 % des sondés estiment que les « protéines de synthèse » peuvent résoudre ces difficultés, et une majorité pense qu’elles ne seront pas aussi « saines » et « savoureuses » que la viande. De plus, de 41,5 à 66,7 % des sondés, suivant les groupes sociologiques, considèrent que produire des « protéines de synthèse » est une idée « absurde et/ou dégoutante », 26,9 % en moyenne trouvent cela plutôt « intrigant et/ou amusant », contre 18,7 % des répondants qui la considèrent comme une idée « prometteuse et/ou réalisable ». En grande majorité, les sondés ne sont pas prêts (91,7 %) à acheter des « protéines de synthèse » à un prix plus élevé que celui de la viande, et seulement 25,6 % se sentent prêts à payer le même prix. Les sondés qui ne connaissent pas les « protéines de synthèse », de même que les jeunes (entre 18 et 30 ans) et les femmes, semblent davantage favorables à l’égard de cette biotechnologie en raison d’une plus grande sensibilité aux questions d’ordre éthique ou environnemental liées à l’élevage, alors que les hommes âgés (> 51 ans) se montrent les plus réticents. Contrairement à des travaux antérieurs, les personnes ayant déjà entendu parler des « protéines de synthèse » ne semblent pas l’accepter davantage. De plus, les professionnels de la viande y sont en général fermement opposés sur tous les points.
En résumé, d’après cette enquête, le marché des « protéines de synthèse » représenterait au mieux un marché de niche s’adressant environ à un cinquième des Français, alors qu’un autre cinquième des sondés estime qu’elles n’ont aucun avenir. Environ la moitié des sondés considère toutefois cette innovation comme « absurde et/ou dégoutante » plutôt qu’ « intrigante et/ou amusante » et encore moins « prometteuse et/ou réalisable ».
Pour en savoir plus : Que pensent les Français de la culture de cellules musculaires pour produire de la viande artificielle ?
Source : Viandes et produits carnés.
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