Systèmes de notation environnementale des aliments : quelles méthodes, quels enjeux pour une harmonisation des labels ?

Alors que les politiques européennes misent de plus en plus sur l’affichage environnemental pour orienter les choix alimentaires, la prolifération de logos et de méthodes soulève des risques de confusion, de greenwashing et d’inégalités entre acteurs. Cet article analyse en profondeur cinq dispositifs de notation environnementale (Ecoscore, Planet-score, Ecoimpact, Enviroscore et l’initiative gouvernementale française en cours d’élaboration), afin d’identifier leurs choix méthodologiques, leurs limites et les conditions d’une future harmonisation au service de politiques de consommation durable.

Le label de durabilité a pris de l’importance dans le débat sur la politique alimentaire ces dernières années, en particulier en Europe, même si son efficacité à influencer le comportement des consommateurs reste incertaine. Ce travail explore certains labels alimentaires durables dans l’UE, en examinant les indicateurs de durabilité et les méthodologies d’analyse du cycle de vie (ACV) sous-jacentes. Il aborde les approches méthodologiques et la manière dont elles appliquent l’ACV en se référant à la méthode de l’empreinte environnementale des produits (Product Environmental Footprint, PEF) recommandée par la Commission européenne.

Comparaison de 5 labels utilisés dans l’UE

Quatre labels ont été identifiés à partir d’une base de données complète sur les produits, en mettant l’accent sur les labels appliquant l’ACV et quantifiant les impacts multiples, tandis qu’un autre a été identifié à partir du panorama actuel de l’UE. Un cadre d’évaluation a été élaboré sur les aspects méthodologiques pertinents, englobant la gouvernance, la transparence et la clarté. Des entretiens avec les concepteurs des labels ont complété l’analyse, ainsi qu’un examen des critiques formulées à l’encontre de l’ACV et de la PEF à des fins d’étiquetage. Quatre d’entre eux sont des labels de notation fournissant des visuels gradués et codés par couleur, tandis qu’un autre est encore en cours d’élaboration.

Besoin d’objectifs clairs et de méthodologies solides dépassant l’ACV

Les adaptations méthodologiques à la PEF étaient courantes, et les évaluations de durabilité non basées sur l’ACV tenaient compte d’aspects tels que la gestion agricole, les questions sociales et la biodiversité. Les labels variaient en termes de transparence, d’implication des parties prenantes et de clarté. Les critiques à l’égard de l’ACV portent notamment sur son approche réductionniste, les lacunes dans les données et l’absence de méthodologies solides pour évaluer la biodiversité.

Si l’étiquetage de durabilité est important pour orienter les choix durables, les labels doivent s’inscrire dans un ensemble de mesures plus large et s’appuyer sur des objectifs clairs et des méthodologies solides. Cette analyse contribuera à l’élaboration d’instruments politiques fondés sur des données probantes en faveur d’une consommation durable et jettera les bases d’un système d’étiquetage harmonisé.

Référence : García Herrero, L., Sanyé Mengual, E., Casonato, C., & Listorti, G. (2025). Life cycle assessment (and environmental footprint) to support food labelling schemes: An overview of current proposals and future directions. Cleaner Environmental Systems, 19, 100334.

Source : Cleaner Environmental Systems

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