Protéines alternatives : élargir l’évaluation au-delà de la seule empreinte carbone

Dans cet article de perspective, les auteurs mettent en garde contre une transition vers les protéines alternatives évaluée principalement à l’aune des émissions de gaz à effet de serre. Si de nombreuses alternatives végétales, issues de fermentation ou cultivées présentent un potentiel de réduction de certains impacts environnementaux par rapport aux produits animaux, leurs effets ne peuvent être appréciés sur le seul critère du carbone. Les auteurs appellent à éviter les « déplacements de fardeau » : une réduction des émissions pourrait s’accompagner d’effets indésirables sur la qualité nutritionnelle des régimes, le coût des aliments, l’acceptabilité culturelle, les emplois et les moyens de subsistance, ou encore les pressions exercées sur les ressources et les écosystèmes. Ils proposent une grille d’analyse couvrant cinq dimensions – environnement, nutrition, accessibilité économique, moyens de subsistance et acceptabilité -, afin d’évaluer les substitutions alimentaires de manière contextualisée. La transition protéique devrait ainsi reposer sur des comparaisons fondées sur les fonctions nutritionnelles et sociales réellement assurées par les aliments, plutôt que sur leur seule appartenance à une catégorie de produits.

Référence : Beal T, Nordhagen S, Mbuya M. Beyond the carbon ledger: Avoiding burden shifting in the alternative protein transition. One Earth, 9.

Source : One Earth

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