Pâturage tournant et séquestration du carbone : optimiser les sols pour le climat (TRADUCTION)

La séquestration du carbone dans les sols est un levier clé pour réduire les émissions de CO₂ et atténuer le changement climatique lié au bétail. Une étude menée depuis 2012 a analysé l’effet de différents systèmes de pâturage sur le carbone organique des sols (COS). Les résultats montrent, d’une part, que le passage des cultures aux pâturages permanents augmente le COS et, d’autre part, que le pâturage tournant offre un potentiel supplémentaire grâce à une meilleure régénération et productivité des parcelles par rapport au pâturage continu.

La séquestration du carbone dans le sol offre la possibilité de réduire les niveaux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère et contribue à atténuer les effets climatiques des émissions de gaz à effet de serre provenant du bétail.

Pâturage continu vs tournant : impacts sur les stocks de carbone

Des changements de gestion peu coûteux, susceptibles d’augmenter rapidement le carbone organique du sol (COS), sont nécessaires pour une mise en œuvre à grande échelle. La gestion du pâturage, qui peut être mise en œuvre dans les systèmes de pâturage extensif, est souvent encouragée pour augmenter le COS. Un essai de pâturage a été mis en place en 2012 afin d’étudier l’effet du taux de chargement, de la durée de repos et du nombre de paddocks en rotation sur les stocks de COS. Des échantillons ont été prélevés régulièrement sur les parcelles afin d’analyser la composition et la biomasse des pâturages, et environ tous les trois ans afin d’analyser le COS jusqu’à une profondeur de 30 cm.

Impacts du nombre de paddocks et des périodes de repos

Tous les traitements ont augmenté le COS, reflétant principalement la conversion de l’utilisation des terres, qui sont passées de cultures à des pâturages permanents trois ans avant le début de l’expérience. Des différences entre les traitements de pâturage ont également été détectées. Les traitements avec pâturage continu présentaient des stocks de COS inférieurs à ceux des traitements avec pâturage tournant. Cependant, aucune différence cohérente n’a été détectée dans les stocks de COS entre les traitements avec pâturage tournant avec 15 ou 30 enclos, ou entre les différentes périodes de repos (56 ou 112 jours entre les pâturages).

Augmenter le carbone organique du sol grâce à la conversion des cultures en pâturages

Les paddocks soumis à un pâturage tournant présentaient également une couverture végétale et une production fourragère supérieures à celles des traitements soumis à un pâturage continu. Ces résultats suggèrent que le fait de permettre aux pâturages de se régénérer grâce à un plus grand nombre de paddocks et de périodes de repos a probablement amélioré la productivité des pâturages, ce qui a conduit à des stocks de COS légèrement supérieurs à ceux du pâturage continu. Si le changement d’affectation des terres, passant de cultures à pâturages, a été le facteur dominant influençant les stocks de COS, la gestion du pâturage tournant a offert un potentiel supplémentaire de stockage du carbone.

Référence : Simmons, A. T. (2026). Managed grazing incrementally increased soil organic carbon in intensively managed pastures. Agriculture, Ecosystems & Environment. 396, 110010.

Source : Agriculture, Ecosystems & Environment

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