Les scientifiques lancent un appel à l’UE : les protéines animales sont irremplaçables (TRADUCTION)

Alors que le secteur de l’élevage est au cœur de vifs débats sociétaux, le Parlement européen a accueilli, le 19 novembre 2025 à Bruxelles, une conférence stratégique organisée par le groupe Renew Europe. Sous l’égide du député et éleveur Benoît Cassart, experts et décideurs ont plaidé pour une réhabilitation scientifique de la production animale. Entre sécurité nutritionnelle, accessibilité économique face à l’inflation et rôle crucial dans la décarbonation, l’événement a mis en lumière les raisons pour lesquelles la viande et les produits laitiers doivent rester des piliers indispensables d’un système alimentaire européen souverain et équilibré.

La conférence organisée par Renew Europe sous le patronage du député européen belge Benoît Cassart, éleveur et coprésident de l’Intergroupe « Élevage durable », s’est tenue le 19 novembre dernier au Parlement européen à Bruxelles. Le titre de l’événement, « Comment la production animale européenne peut garantir l’accessibilité et la sécurité alimentaire et nutritionnelle des citoyens de l’UE », se veut le reflet des nombreux défis qui font l’actualité de la filière.

Créer une plateforme de discussion objective sur l’élevage

La conférence s’est concentrée sur le rôle de la production animale dans le contexte d’une alimentation adéquate. Le défi dont ont discuté les chercheurs, les experts et les décideurs politiques : trouver un équilibre entre la densité nutritionnelle et les niveaux de transformation des aliments dans le contexte d’une alimentation adaptée sur le plan culturel et géographique. La conférence a été organisée dans le but de créer une plateforme de discussion entre les institutions, le monde universitaire, les entreprises, le monde de l’innovation et la société civile, dans le contexte des politiques européennes, et d’un discours sur l’élevage souvent déformé par une défiance idéologique et des approches antiscientifiques. « Des années de criminalisation de l’élevage et des protéines animales ont fait que, pour beaucoup de gens, la viande et les produits laitiers sont le mal ultime du point de vue de la santé et de l’environnement, a commenté Benoit Cassart. Personne ne souhaite promouvoir une consommation excessive de viande. Mais grâce à d’éminents professeurs d’université, nous avons enfin pu nous concentrer sur les effets d’un régime trop pauvre en protéines animales, et nous avons constaté que les dommages sont importants, sans aucun doute pour la santé, mais aussi pour le climat, car l’élevage a un rôle central à jouer pour permettre à l’Europe d’atteindre ses objectifs de décarbonisation et de bioéconomie. »

Impacts santé des produits animaux à reconsidérer selon le Pr Stanton

Parmi les intervenants à la conférence figurait Alice Stanton, professeure de cardiologie à Dublin (Irlande), qui, dans sa présentation intitulée « La réduction forcée des aliments d’origine animale fait-elle partie de la solution ? », s’est concentrée sur les aspects nutritionnels des sources de protéines animales et les risques pour la santé associés aux carences en macro- et micro-nutriments dans l’alimentation.

L’argumentation de la professeure irlandaise contredit la croyance commune selon laquelle les régimes alimentaires à base de plantes joueront un rôle clé dans un avenir où la disponibilité des protéines semble diminuer. Au contraire, « une consommation plus élevée de produits laitiers et de fruits de mer est associée à une protection contre l’obésité, le diabète, les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cérébrales et certains cancers. De plus, la consommation de volaille et d’œufs ne semble avoir aucun impact sur les maladies non transmissibles, et les effets négatifs absolus de la consommation de viande rouge et transformée sont minimes, incertains et ont tendance à être considérablement réduits, voire éliminés, lorsque ces aliments sont consommés dans le cadre d’une alimentation saine », a expliqué le Pr Stanton.

Les protéines végétales plus chères que les protéines animales selon le Pr Ederer 

Le Pr Peer Ederer de l’Observatoire mondial des sciences rigoureuses de l’élevage (Global Observatory on Accurate Livestock Sciences) s’est quant à lui exprimé sur le thème « Quel est le rôle de l’élevage dans la disponibilité et l’accessibilité financière des denrées alimentaires dans l’UE ? », soulignant le rôle crucial joué par l’élevage dans la sécurité et l’accessibilité financière à une alimentation saine pour tous les Européens. Selon le Pr Ederer, « remplacer la viande par des légumineuses dans l’alimentation européenne semble donc être avant tout une option théorique. En Europe, les protéines issues des céréales sont jusqu’à quatre fois plus chères que celles issues des aliments d’origine animale, tandis que les protéines issues des fruits et légumes sont jusqu’à dix fois plus chères. Cela s’explique par la faible concentration en protéines de ces aliments. Leur rôle respectif dans une alimentation équilibrée est plutôt d’apporter de l’énergie et des micronutriments, tels que des vitamines et des minéraux. »

Pour en savoir plus : Scientists appeal to the EU: animal proteins are irreplaceable

Source : European Food Agency News

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