Les nouvelles générations transforment la consommation de viande

Le Crédoc vient de publier une note de synthèse sur l’évolution des consommations de viandes entre 2007 et 2016. Ce 4 pages s’appuie sur les analyses des consommations individuelles de produits carnés*, issues de l’enquête CCAF (Comportements et consommations alimentaires en France) et plus spécifiquement sur des typologies de consommateurs réalisées sur 2007 et 2016 à la demande d’INTERBEV.
Cette synthèse tire un certain nombre de résultats et d’enseignements.
La baisse régulière de la consommation de produits carnés en 10 ans (- 12 %) même si la quasi-totalité des Français continuent à manger de la viande, à l’aimer et à la valoriser, y compris chez les jeunes générations. Cette baisse touche toutes les générations mais est un peu plus marquée dans les catégories sociales aisées et chez les ouvriers.
Les Français restent en majorité consommateurs de viande hors volaille et en mangent raisonnablement. En 2016 la consommation moyenne de produits carnés par adulte est de 135 g par jour. Au sein de celle-ci, la consommation moyenne de viande de boucherie (c’est à dire des viandes hors volaille = viandes rouges) est de 46 g/j soit 320 g/semaine.
Deux raisons principales expliquent cette tendance : d’une part, les Français privilégient la qualité à la quantité et, d’autre part, les consommations évoluent avec de plus en plus de produits transformés et de fait moins de viande pas ou peu transformée. Or, les plats préparés, pizzas-quiches et autres sandwichs contiennent moins de viande que le produit brut consommé en tant que tel. Cette évolution des modes alimentaires ne concerne pas uniquement la viande mais toutes les catégories de produits frais, comme le poisson ou les légumes. Les produits bruts sont délaissés pour des produits transformés (plus de pizzas-quiches, plats préparés, sodas, etc.).
L’évolution à la baisse des consommations de viande peut ainsi s’expliquer avant tout par l’évolution des comportements alimentaires, mais aussi par le prix, par des préoccupations d’ordre sociétal (environnement, bien-être animal) ou encore par une offre moins adaptée aux attentes des nouvelles générations.
* L’ensemble des produits carnés correspond aux viandes de boucherie (viandes de bœuf, veau, agneau, cheval et porc frais) et abats + volaille et gibier + charcuterie.
Source : CREDOC.
À voir aussi
-
Conso et société13 mars 2026L’omnivorisme éthique : repenser la place des aliments d’origine animale
Dans cet épisode du podcast The Ty Beal Show, Frédéric Leroy, professeur de sciences et de biotechnologie des aliments à l’université de Bruxelles, propose une lecture nuancée des aliments d’origine animale en cherchant à dépasser le débat polarisé entre véganisme et défense inconditionnelle de la viande. La discussion aborde les risques nutritionnels potentiels des régimes… -
Conso et société13 mars 2026Les directives alimentaires et la viande rouge : une base scientifique fragile ?
Dans ce post LinkedIn, Olivier Thiery, consultant-chercheur indépendant en sciences humaines et sociales, relaie une analyse de Frédéric Leroy et Nathan Cofnas sur les recommandations nutritionnelles. Ces derniers y questionnent la solidité des preuves scientifiques à l’origine du soi-disant consensus derrière les directives officielles visant à limiter fortement la consommation de viande rouge dans les… -
Conso et société13 mars 2026Les nouvelles recommandations alimentaires américaines réhabilitent les aliments bruts dont la viande (Article d’analyse)
Les nouvelles recommandations nutritionnelles américaines (DGA 2025-2030) opèrent un virage à 180 degrés avec un objectif central : stopper les épidémies de maladies métaboliques qui ne cessent de gagner du terrain aux États-Unis. En alertant sur l’importance de limiter les produits ultra-transformés et en replaçant les aliments bruts -dont les protéines et les graisses animales -…