Le bien-être animal au cours du transport : retour sur le forum international de l’OIE (Article de synthèse)

Le second forum sur le bien-être animal a eu lieu les 11 et 12 avril 2019, au siège de l’Organisation mondiale de la santé animale (anciennement Office International des Epizooties, ou OIE) à Paris. Thème abordé : le transport. Principal enseignement : l’application des standards internationaux doit s’appuyer sur la définition de cadres règlementaires nationaux et la coordination entre les différents responsables tout au long de la chaine de transport.
Chaque année, des milliers d’animaux sont transportés à travers le monde, à des fins d’élevage, de recherche ou de loisir. Alors que le bien-être animal devient une préoccupation grandissante de l’opinion publique, le forum sur le bien-être animal au cours du transport organisé par l’OIE visait à échanger des expériences et des idées afin d’améliorer la mise en application des normes existantes.
Un engagement international en faveur du bien-être animal
Créée en 1924 pour combattre les maladies animales au niveau mondial, l’OIE assure dorénavant un large panel de missions : garantir la transparence sur la situation des maladies animales dans le monde, élaborer des normes sanitaires dans le domaine des échanges internationaux d’animaux, et promouvoir le bien-être animal.
Le second forum sur le bien-être animal organisé en avril au siège de l’OIE à Paris a réuni une quarantaine de participants, membres de l’office, de la société civile, représentants d’organisations gouvernementales ou non et industriels, afin de discuter de la problématique du transport des animaux domestiques.
Comme l’a rappelé le Dr Monique Eloit, directrice générale de l’OIE, l’organisation a établi des normes pour le transport du bétail par voie aérienne, maritime et terrestre (routier et ferroviaire). Ce forum visait à formuler des propositions permettant d’améliorer leur mise en pratique.
Une responsabilité éthique
Le Code sanitaire pour les animaux terrestres, l’un des principaux ouvrages normatifs produits par l’OIE, se divise en quinze chapitres, abordant différents domaines de la santé animale. Le chapitre 7, relatif au bien-être animal, rappelle en introduction la responsabilité éthique de veiller à la protection des animaux utilisés à des fins d’élevage, de recherche, de sport ou de loisir. Sur les 13 sous-parties composant le chapitre, trois concernent le respect du bien-être animal lors du transport aérien, maritime et terrestre.
Le bien-être animal repose sur le respect de cinq critères : absence de faim, soif et dénutrition ; absence de peur ou de stress ; absence de douleur, blessure ou maladie ; absence d’inconfort physique et thermique ; et possibilité d’exprimer des comportements naturels.
Des normes pour le bien-être animal au cours du transport
Quel que soit le moyen de transport, minimiser la durée du voyage constitue la première action en faveur du bien-être animal. Le code terrestre détaille les responsabilités incombant aux différents acteurs impliqués (éleveurs, transporteurs, services vétérinaires…), et les points à vérifier lors de la préparation du voyage (documentation obligatoire, personnel…).
La conception des locaux doit faciliter les mouvements du bétail afin de minimiser le stress du transport et le risque de blessure, et permettre un accès rapide aux animaux en cas d’incident. Le chargement (densité), le paillage et la ventilation doivent être adaptés, afin d’éviter inconfort physique et thermique. L’eau et la nourriture doivent être prévues en quantités suffisantes. Dans la mesure du possible, les animaux doivent être groupés par origine et tranches d’âge, afin d’éviter la transmission de maladies et la compétition. En outre, les opérateurs encadrant le transport doivent connaître et respecter le comportement animal (instinct grégaire, espace vital) et être formés à la contention et au déplacement du bétail. Un vétérinaire ou un technicien est chargé d’intervenir sur les animaux malades ou blessés durant le transport.
Les apports du forum
A l’issue de ce 2nd forum, le Dr Matthew Stone, directeur adjoint de l’OIE, a résumé les points clés pour améliorer le bien-être animal au cours du transport, à commencer par l’identification des responsables tout au long de la chaine de transport et la mise en place de réseaux de communication permettant une coordination efficace entre ces différents acteurs.
Il mentionne également que l’OIE devra soutenir le développement de cadres réglementaires clairs, pour favoriser la mise en œuvre de ses standards. Ces éléments seront utilisés pour mettre à jour les dispositions du code sanitaire en matière de bien-être animal au cours du transport.
Enfin, l’importance d’une approche multidisciplinaire lors de l’élaboration des réglementations sur la protection animale a été soulignée.
Source : OIE.
À voir aussi
-
Bien-être animal12 mars 2026Réduire le stress des bovins à l’abattage : évaluation d’un couloir innovant (TRADUCTION)
Cet article paru dans l’EFSA Journal explore comment le design des couloirs de conduite et les pratiques de manipulation à l’abattoir influencent directement le stress de l’animal, sa sécurité et la qualité de la viande. En s’appuyant sur un prototype de couloir en matériau éco-conçu et sur des indicateurs comportementaux et biochimiques (cortisol, ß-endorphines), les… -
Bien-être animal12 mars 2026Comportements d’adaptation du bétail face aux facteurs de stress environnementaux (TRADUCTION)
Cette revue examine comment le bétail adapte sa physiologie et ses comportements face aux facteurs de stress environnementaux, qu'ils soient abiotiques (température, lumière), biotiques (parasitisme, compétition sociale) ou liés aux conditions d’élevage (logement, densité, transport). L'article classifie ces facteurs en catégories thermique, nutritionnelle, sociale et managériale, détaillant les indicateurs comportementaux (halètement, frissonnement, agressivité, vocalisations) qui… -
Bien-être animal12 mars 2026Comment les prairies riches en biodiversité stabilisent le microclimat et protègent le bien‑être des animaux au pâturage (TRADUCTION)
Dans un contexte de réchauffement climatique où le stress thermique devient un enjeu majeur pour les ruminants au pâturage, cet article du Journal of Animal Environment analyse comment les interactions sol–plante–animal modifient le microclimat et les réponses physiologiques des bovins et petits ruminants. En croisant humidité et matière organique du sol, diversité végétale, couverture au…