La mobilité des troupeaux : un élément clé pour intégrer l’élevage dans les territoires en maximisant les services rendus
La mobilité est une pratique historique représentant un bon moyen de gérer les variations saisonnières et interannuelles de disponibilité des ressources pastorales, et donc une stratégie d’adaptation au changement climatique. Cependant, la prédation remet en cause la présence des troupeaux dans les espaces naturels ou semi-naturels, et cause l’arrêt de nombreuses transhumances. Dans cet article paru dans la revue INRAE Productions animales, les auteurs partent de l’hypothèse que la mobilité des troupeaux est un élément clé pour intégrer l’élevage dans les territoires en maximisant les services rendus. Lever les freins à la mobilité permettrait ainsi de renforcer l’intérêt et la place de l’élevage pastoral en France.
La mobilité est une pratique historique qui a montré, au fil des siècles, son efficacité : grâce à elle, les éleveurs pastoraux ont pu et peuvent encore mettre en place des stratégies d’alimentation économes basées sur le pâturage, offrant à leurs bêtes un environnement d’élevage favorable au bien-être animal du point de vue des conditions climatiques et de l’offre alimentaire (avantage remis en cause en cas de forte pression de prédation). Malgré son image traditionnelle auprès du grand public, le pastoralisme est un mode d’élevage moderne, qui perdure grâce à son adéquation avec les enjeux globaux actuels. La mobilité est un moyen de gérer les variations saisonnières et interannuelles de disponibilité des ressources pastorales, et peut être considérée comme une stratégie d’adaptation au changement climatique. Pour ce faire, il est parfois nécessaire d’envisager des aménagements complémentaires (impluvium, citerne, forage…) ou des modifications dans les lieux de transhumance. Depuis une trentaine d’années, la prédation remet en cause la présence des troupeaux dans des espaces naturels ou semi-naturels, et cause l’arrêt de nombreuses transhumances. L’aléa de prédation a existé en France dans le passé, et existe toujours dans d’autres régions du monde ; la difficulté de gestion de cet aléa aujourd’hui en France vient de l’efficacité limitée des moyens de protection consentis par la réglementation. De nouvelles solutions, plus efficaces, sont à rechercher d’urgence pour pouvoir maintenir mobilité et pastoralisme.
Contribuer à la transition écologique et climatique de l’élevage
Partant de l’hypothèse que la mobilité des troupeaux est un élément clé pour intégrer l’élevage dans les territoires en maximisant les services rendus, lever les freins à la mobilité permettrait de renforcer l’intérêt et la place de l’élevage pastoral en France. Par ailleurs, la mobilité touche encore de très nombreux troupeaux, en particulier (mais non exclusivement) ovins et bovins. Favoriser la mobilité n’est pas simplement un moyen de préserver un patrimoine culturel désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, c’est aussi un moyen de contribuer à la transition écologique et climatique de l’élevage. La permanence ou le déploiement de la mobilité sont très dépendants du cadre réglementaire qui mériterait d’être simplifié et des politiques foncières qui pourraient mieux intégrer la diversité des formes de mobilité. Les collectivités territoriales ont également un rôle crucial à jouer, via leur contribution à l’entretien des aménagements pastoraux (cabanes, points d’eau) et à la circulation des troupeaux (drailles, routes carrossables), mais aussi à l’animation territoriale pour favoriser une cohabitation pacifique et des synergies entre élevage, agriculture et tourisme. Enfin, la pratique de la mobilité mobilise de nombreux savoirs et savoir-faire, pour les éleveurs/bergers mais aussi pour les opérateurs de transhumance. Il existe donc un réel enjeu de formation, à la fois dans des structures dédiées et via des échanges entre pairs ; dans cette optique, plusieurs écoles de bergers sont actives en France et d’autres se développent dans les pays voisins (Espagne, Portugal, Suisse, Italie). L’enjeu de formation et d’information peut être étendu à d’autres publics, puisque de nombreux acteurs des territoires contribuent directement et indirectement à la mobilité des troupeaux.
Pour en savoir plus : La mobilité des troupeaux dans le sud de la France : hier, aujourd’hui et demain
Source : INRAE Productions Animales
À voir aussi
-
Transversal9 février 2026Réduire l’empreinte de la viande bovine : les enseignements clés de l’édition 2025 de Grand Angle Viande
Le 13 novembre 2025 s’est déroulée la 12e édition de la conférence Grand Angle Viande à Paris et en diffusion en direct sur sept antennes de l’Institut de l’élevage (Idele). Les replays et présentations sont disponibles sur le site de l’Institut. Parmi les sujets qui ont particulièrement retenu l’attention des équipes Interbev : « Réduire les émissions… -
Transversal9 février 2026Quels leviers, quelles recherches, pour accompagner l’installation en élevage en France ?
L’installation en élevage est devenue une problématique cruciale au fil des années, en France et en Europe. Pourtant constante en volume, elle ne permet pas le renouvellement des actifs du secteur. Cet article paru dans la revue INRAE Productions animales montre qu’avec une tendance à l’augmentation de la diversité des porteurs de projets et des… -
Transversal9 février 2026CABRI+ : structurer une filière d’engraissement de chevreaux à la ferme
Cet article des Chambres d’agriculture décrit le projet national CASDAR CABRI+, piloté par l’Institut de l’élevage (Idele), qui accompagne depuis 2024 des groupes d’éleveurs caprins (notamment en Moselle) pour développer des ateliers d’engraissement de chevreaux, améliorer la rentabilité des exploitations et construire des débouchés locaux. Les actions portent sur la co‑construction d’itinéraires techniques, un appui…