FAO : Les futurs systèmes alimentaires devront être en mesure de fournir des régimes alimentaires sains et durables

À l’occasion du Symposium international sur l’avenir de l’alimentation qui s’est tenu à Rome les 10 et 11 juin 2019, le Directeur général de la FAO a rappelé les défis que devront relever les futurs systèmes alimentaires, aussi bien en termes de qualité nutritionnelle que de respect de l’environnement.
« Les futurs systèmes alimentaires devront être en mesure de fournir une nourriture saine et de qualité, tout en préservant l’environnement », a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, à l’occasion de l’ouverture du Symposium international « L’avenir de l’alimentation » qui s’est tenu à Rome du 10 au 11 juin 2019. Ce symposium réunit des universitaires, des chercheurs, des décideurs politiques, des représentants de la société civile et du secteur privé, ainsi que des parlementaires et des représentants d’agences gouvernementales.
L’obésité, l’autre face de la malnutrition dans le monde
« Nous devons modifier notre approche. Il ne s’agit plus seulement de produire plus de nourriture mais de produire plus de nourriture saine », a precisé M. Graziano da Silva. En effet, la faim n’est plus le seul problème de nutrition auquel est confrontée l’humanité. Selon certaines projections, le nombre de personnes obèses à travers le monde devrait bientôt dépasser le nombre de personnes souffrant de la faim, qui s’élève actuellement à 820 millions.
Améliorer les régimes alimentaires des populations
Le Directeur général de la FAO a proposé plusieurs mesures permettant d’améliorer les régimes alimentaires des populations. Tout d’abord, les pays doivent mettre en place des politiques et lois publiques visant à protéger des régimes alimentaires sains et à encourager le secteur privé à produire une nourriture plus saine (taxes, étiquetages, restrictions sur la publicité alimentaire…). Les gouvernements devraient également promouvoir la consommation de nourriture fraîche et locale, en créant des circuits locaux de production et de consommation alimentaire. Enfin, les accords commerciaux internationaux doivent être conçus en vue d’influencer les systèmes alimentaires de manière positive car la nourriture hautement transformée tend à être privilégiée dans le cadre de ces accords.
Tendre vers des systèmes durables
« La transformation de nos systèmes alimentaires commence avec des sols sains, des semences saines et des pratiques agricoles durables. Le système alimentaire dans son ensemble doit être revu », a plaidé M. Graziano da Silva. M. José Graziano da Silva a souligné que les modèles agricoles inspirés de la Révolution verte (nécessitant beaucoup d’intrants et de ressources) ne sont plus durables. S’ils ont permis d’augmenter la production alimentaire, ils ont aussi fait payer un lourd tribut à l’environnement, entraînant la déforestation, des pénuries en eau, l’épuisement des sols et des niveaux élevés de gaz à effet de serre.
Le Directeur général de la FAO a enfin salué le rôle des recherches universitaires dans la transformation de nos systèmes alimentaires. « Nous tirons profit de votre travail et nous avons besoin de vos conseils sur la marche à suivre à l’avenir », a indiqué le Directeur général.
En savoir plus sur le Symposium
Le Symposium sur l’avenir de l’alimentation comprend des tables-rondes sur des thèmes précis : la recherche, le manque de connaissances et les besoins liés aux systèmes alimentaires et aux régimes alimentaires sains, la gouvernance des systèmes alimentaires pour parvenir à des régimes alimentaires sains, le renforcement de la confiance des consommateurs dans nos systèmes alimentaires et les mesures à prendre en vue de transformer nos systèmes alimentaires. Le programme complet peut être consulté ici.
Source : FAO.
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