Évolution de la qualité des produits animaux au cours des cinquante dernières années

Cette présentation a été réalisée par Jacques Mourot, chercheur INRA lors de la conférence organisée par la Société Française de Nutrition à l’occasion des 50 ans des Cahiers de Nutrition et de Diététique. Il y explique notamment que les animaux actuels sont beaucoup moins gras que ceux des années 1950’s. En termes de compositions lipidique, les fractions d’acides gras mono-insaturés et saturés sont importantes. L’acide oléique est d’ailleurs l’acide gras majoritaire pour toutes les espèces animales. Les polyinsaturés sont présents en faible proportion chez les bovins (5 % environ), et un peu plus chez les ovins, porcins et la volaille (15 à 20 %). Les protéines, vitamines et minéraux d’intérêt apportés par les viandes sont peu influencés par les facteurs d’élevage. En revanche, la teneur en lipides et leur composition en acides gras sont plus variables, avec des différences quantitatives selon les animaux, leur race, leur l’âge, leur sexe et surtout selon les morceaux et avec des différences qualitatives selon l’alimentation. Nombre de travaux scientifiques ont ainsi été menés pour modifier par l’alimentation animale la proportion des acides gras entre eux au sein des lipides des viandes, notamment en vue d’accroitre la proportion d’oméga 3 (acides alpha linoléique essentiellement). Ces différences sont importantes pour le porc et la volaille chez lesquels la composition en acides gras des lipides « déposés » se rapproche fortement de celle des lipides « ingérés » par les animaux. Cette différence reste beaucoup plus limitée chez les bovins du fait de la transformation des acides gras au niveau du rumen. Actuellement de nouveaux travaux sont menés en vue d’un apport direct de DHA dans l’alimentation animale via des micro-algues : les premiers résultats semblent intéressants pour le porc et la volaille contrairement aux bovins laitiers qui ne supportent pas un apport massif de DHA, sans soute en raison de déséquilibre au niveau du rumen. Jacques Mourot conclue en soulignant l’intérêt nutritionnel des viande et en rappelant que l’homme reste un omnivore qui, pour un bon équilibre, a besoin de consommer des produits animaux en quantités raisonnables selon les recommandations alimentaires officielles.
À voir aussi
-
Nutrition9 février 2026Selon le Réseau de nutrition d’urgence, la nutrition de l’enfant doit primer sur la végétalisation des repas scolaires (TRADUCTION)
Dans les coulisses de la COP30, le Réseau de nutrition d’urgence (Emergency Nutrition Network, ENN) a souhaité explorer les opportunités et limites de la transition vers des repas scolaires majoritairement à base de végétaux au travers d’un article très bien documenté, mobilisant des retours de terrain et des analyses de politiques publiques dans différents pays.… -
Santé, pathologies et prévention9 février 2026Risque de sarcopénie chez les personnes âgées : de l’importance des apports en protéines animales (TRADUCTION)
Cette étude de cohorte chinoise examine l’association entre la quantité totale de protéines consommées, la part de protéines animales et végétales, les principaux acides aminés et la probabilité de sarcopénie chez des adultes âgés. Les résultats suggèrent qu’un apport insuffisant en protéines animales et en acides aminés essentiels est fortement associé à un risque plus… -
Santé, pathologies et prévention9 février 2026La viande rouge non transformée associée à une meilleure survie chez les patients atteints d’un cancer colorectal selon une méta-analyse (TRADUCTION)
Cette méta‑analyse a examiné l’association de nombreux facteurs liés au mode de vie (alimentation, activité physique, tabac, alcool, sédentarité, indice de masse corporelle) avec la mortalité globale et spécifique, en post‑diagnostic, chez des patients atteints de cancer colorectal. La viande rouge non transformée est sortie parmi les facteurs associés à une mortalité plus faible, au…