Cultiver des cellules musculaires à destination alimentaire : est-ce possible ? Est-ce bon ? Est-ce acceptable ?

Cet article paru en décembre 2021 dans la revue Viandes & Produits carnés résume les interventions et débats qui ont eu lieu lors d’une journée d’étude sur la culture de cellules musculaires à destination alimentaire (également nommé « viande cellulaire »). Ce colloque organisé par l’Académie d’Agriculture de France et l’Association Française de Zootechnie, en partenariat avec l’Académie Vétérinaire de France et la Société Française de Nutrition, s’est déroulé le 18 novembre 2021.
Bien que les enjeux concernant l’agriculture, l’alimentation et l’environnement fassent consensus, les innovations introduites pour y répondre sont variées. Parmi celles-ci, ce qui est parfois nommé « viande cellulaire » soulève de nombreuses questions, auquel ce colloque a tenté de répondre en partie, en croisant les avis de deux start-ups du secteur et d’experts français de l’agriculture, de l’élevage et de l’alimentation humaine. Alors que la culture de cellules musculaires est une technique bien connue, de nombreux verrous techniques et économiques restent à lever pour passer à une production à grande échelle. Bien que le coût des tissus produits ait diminué et continue à baisser, il reste trop élevé pour être concurrentiel. De surcroît, les scientifiques sont demandeurs d’informations précises à partager, notamment sur la composition des milieux de culture et celle des produits, ainsi que sur l’efficacité des techniques de production. Plusieurs avis ont été exprimés pour souligner que ces produits ne pouvaient prétendre à la dénomination viande, tant du point de vue biologique que sémantique et légal. Au regard de la réglementation communautaire, ils sont considérés comme des « nouveaux aliments ». Concernant l’impact environnemental ou encore la composition des produits ainsi fabriqués, il est difficile d’y répondre, car peu de travaux scientifiques sont disponibles ou concluants. Les débats ont porté sur les connaissances disponibles, les hypothèses rassurantes ou encore les inquiétudes exprimées par les experts, notamment par comparaison avec d’autres solutions proposées pour nourrir l’humanité (comme réduire le gaspillage alimentaire, ou revoir nos pratiques agricoles et nos habitudes alimentaires). Dans ce contexte, qui doit aussi prendre en compte le bien-être animal et la question de la place de l’animal dans la société, le niveau d’acceptation potentielle de la « viande cultivée » par les consommateurs reste encore difficile à estimer.
Source : Viande & Produits carnés
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