Apports protéiques en Europe : une adéquation globalement satisfaisante, mais des fragilités à anticiper (TRADUCTION)
Longtemps jugée non problématique en Europe en raison d’apports protéiques élevés et majoritairement d’origine animale, la question de la qualité des protéines pourrait toutefois devenir plus sensible dans un contexte de transition alimentaire vers des régimes plus durables et plus végétalisés. En s’appuyant sur 25 enquêtes alimentaires nationales issues de la base de données de l’EFSA, cette étude a utilisé le score d’adéquation et de qualité des protéines (PAQS) pour intégrer la notion de digestibilité et le profil en acides aminés indispensables. Les résultats indiquent l’absence de préoccupation immédiate pour la majorité des adultes européens, tout en mettant en évidence des situations spécifiques, notamment chez les femmes en Allemagne, qui pourraient nécessiter une vigilance nutritionnelle accrue.
En raison de l’apport global élevé en protéines et de la part importante des protéines d’origine animale en Europe, la qualité des protéines n’était pas considérée comme problématique jusqu’à récemment. Cela pourrait toutefois le devenir dans le cadre d’une transition vers des régimes alimentaires plus durables, comprenant davantage de protéines végétales. Afin de faciliter l’évaluation de l’adéquation des protéines tout en tenant compte de leur qualité, cette étude visait à fournir un aperçu de l’apport actuel en protéines et de leur adéquation chez les adultes européens, sur la base des protéines brutes et utilisables.
Une étude européenne basée sur 25 enquêtes alimentaires nationales
Afin d’évaluer la prévalence d’un apport protéique inadéquat en Europe, le score d’adéquation et de qualité des protéines (Protein Adequacy and Quality Score, PAQS) a été développé et appliqué à des adultes âgés de 18 à 64 ans ayant participé à 25 enquêtes alimentaires nationales obtenues à partir de la base de données européenne complète sur la consommation alimentaire de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Le PAQS évalue l’adéquation des protéines comme le rapport entre l’apport quotidien en protéines utilisables et les besoins, les protéines utilisables étant calculées sur la base des repas en tenant compte de la digestibilité des protéines, des besoins en acides aminés indispensables et de l’apport en protéines brutes.
Pas de préoccupation immédiate, exceptée pour les femmes allemandes
Résultats : lorsque l’on tient compte des erreurs de déclaration énergétique, des variations intra-individuelles et de la non-normalité de la distribution des apports, la prévalence de l’insuffisance en protéines brutes était inférieure à 1 % dans les deux sexes. L’insuffisance en protéines utilisables variait de 0 % (Espagne) à 7 % (Autriche) chez les femmes, à l’exception de l’Allemagne (17 %), et de 0 % (Monténégro) à 6 % (Allemagne) chez les hommes. Ces résultats suggèrent qu’il n’y a pas de préoccupation immédiate pour les adultes en bonne santé en ce qui concerne l’apport en protéines utilisables dans les régimes alimentaires actuels. Cependant, le régime alimentaire des femmes en Allemagne pourrait mériter une attention particulière.
Référence : Heerschop, Samantha Nikita et al. Protein Adequacy in Europe: Adjusting Crude Intakes Using the Protein Adequacy and Quality Score (PAQS). Current Developments in Nutrition, Volume 9, Issue 10, 107539.
Source : Current Developments in Nutrition
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention13 mars 2026Un ECR montre des effets comparables sur le microbiote intestinal entre consommation de viande rouge et blanche
Cet essai contrôlé randomisé en cross-over a suivi 16 jeunes adultes en bonne santé ayant consommé, soit de la viande rouge maigre (bœuf race Pirenaica), soit de la viande blanche (poulet), trois fois par semaine pendant deux périodes de 8 semaines séparées par 5 semaines de wash-out. Objectif ? Comparer les effets de ces consommations alimentaires… -
Santé, pathologies et prévention13 mars 2026Une méta-analyse suggère un effet protecteur des apports en protéines sur le risque de maladie rénale chronique
Cette revue systématique avec méta-analyse en dose–réponse agrège dix cohortes prospectives, soit plus de 218 000 participants incluant 10 794 cas de maladie rénale chronique. Les auteurs ont examiné séparément l’apport en protéines totales, animales et végétales, et le risque de maladie rénale chronique incidente. Les résultats montrent qu’un apport plus élevé en protéines animales… -
Santé, pathologies et prévention13 mars 2026Pronostic du cancer colorectal et consommation de viandes : associations limitées et non causales
Cette étude de cohorte prospective, menée chez 2 484 personnes atteintes d’un cancer colorectal de stade I à III, examine l’association entre les apports en viandes rouges non transformées, viandes transformées et volailles non transformées et le risque de récidive et de mortalité toutes causes confondues. Les auteurs n’ont pas trouvé d’association entre la consommation…