Adapter la France aux dérèglements climatiques à l’horizon 2050 : urgence déclarée

En mai 2019, la délégation à la prospective du Sénat a publié un rapport consacré à l’adaptation de la France aux changements climatiques à l’horizon 2050. Prenant acte d’une « réalité présente » et d’une « inexorable aggravation à moyen terme », les auteurs soulignent l’importance cruciale de l’adaptation, moins traitée et mise en avant que l’atténuation. S’ils s’intéressent aux prochaines décennies, l’horizon plus lointain (fin du siècle) est également considéré.
Augmentation des températures moyennes, vagues de chaleur, élévation du niveau de la mer, fonte des glaciers… ces premiers stigmates du réchauffement climatiques ne seraient que les prémisses de changements de plus grande ampleur, auxquels la France doit se préparer. Avec quels outils, avec quels moyens ? Réponses grâce au rapport de la Délégation à la prospective du Sénat publié en mai 2019, qui dresse l’état des lieux des bouleversements climatiques et de leurs impacts et formule 18 propositions pour amplifier l’effort d’adaptation de la France face aux défis sanitaires, économiques et écologiques que pose le changement climatique.
Panorama des impacts actuels et à venir
S’appuyant sur 36 auditions et la mobilisation de diverses publications, le document dresse, dans une première partie, un panorama des impacts actuels et à venir du changement climatique (hausse des températures, transformation du régime des précipitations, etc.). Il en détaille différents effets : sanitaires (ex. : prolifération de certaines algues), sur la sécurité des biens et des personnes (ex. : modification du régime de risques naturels), sur la ressource en eau (ex. : baisse de la recharge des nappes) et sur les activités économiques. L’agriculture figure au premier rang des secteurs touchés : sécheresses, stagnation ou plus grande variabilité interannuelle des rendements, modification des qualités organoleptiques des produits, problématiques de santé végétale et animale, etc.
Des recommandations pour faire face
La deuxième partie est consacrée aux moyens de faire face à ces dérèglements, alors que la mobilisation des acteurs publics (État et collectivités) est jugée encore « trop modeste ». Divers défis sont identifiés, parmi lesquels celui d’une approche systémique dans la conception des politiques d’adaptation : par exemple, une telle politique pour l’agriculture ne peut être menée sans travailler à l’évolution du système et des conduites alimentaires. Les auteurs formulent ainsi un ensemble de recommandations de portée générale.
La question cruciale de l’adaptation
Enfin, la troisième partie s’intéresse à quatre chantiers d’adaptation sensibles : territoires vulnérables, bâti et urbanisme, politiques de l’eau, agriculture. Dans ce dernier cas, les auteurs recommandent en particulier une meilleure rémunération des services agro-environnementaux (2nd pilier de la PAC), un traitement responsable des questions d’irrigation (stockage de surface conditionné à des pratiques plus économes et respectueuses de la biodiversité) et le renforcement des mécanismes de couverture assurantielle (prenant en compte les efforts d’adaptation des exploitants).
Source : Sénat, Veille Agri.
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