Limiter les « fuites de carbone » dans le secteur agricole

A. Matthews, expert de la politique agricole européenne, a analysé comment la réduction des gaz à effets de serres dans le secteur agricole d’un pays peut provoquer des augmentations des émissions dans d’autres pays. Il propose des pistes pour palier ce phénomène appelé « fuites de carbone ».
On parle de « fuites de carbone » quand la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un pays donné, peut conduire à l’augmentation des émissions dans d’autres pays. Le « taux de fuite » est ainsi le rapport, en pourcentage, entre cette augmentation globale et la réduction au niveau national. Dans un billet publié en mai 2019, A. Matthews, spécialiste de la politique agricole européenne, s’est intéressé aux fuites de carbone dans le secteur agricole entraînées par les politiques climatiques. Il rapporte notamment les résultats d’une étude publiée en 2019 par le Conseil de l’économie environnementale danois montrant que le secteur agricole de ce pays présente un taux de fuite supérieur aux autres secteurs (75 % contre 52 % pour l’économie dans son ensemble), en raison notamment d’importations de produits animaux de substitution, issus de pays hors UE, où l’intensité des émissions est plus élevée.
Des pistes pour Lutter contre les fuites de carbone
A. Matthews conclut son article en présentant cinq options pour réduire les fuites de carbone en agriculture : avoir une approche coordonnée au niveau international ; encourager les innovations portant sur des technologies à faibles émissions afin de conserver les niveaux de production agricole ; taxer le carbone aux frontières ; allouer des quotas d’émissions à titre gratuit ; recycler les recettes d’une taxe carbone dans l’investissement en technologies de réduction des émissions de l’agriculture.
Source : CAPreform, Veille Agri.
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