Consommation de viande rouge et risque de cancer de l’estomac : revue scientifique et méta-analyse

Contexte : Les études des associations observées entre les consommations de viande rouge fraiche et celle de viande transformée (charcuterie) avec le risque de cancer de l’estomac sont restées peu concluantes. C’est pourquoi des chercheurs chinois ont effectué une analyse systématique de la littérature sur le sujet ainsi qu’une méta-analyse. Méthodologie: Ils ont cherché sur PubMed et EMBASE à identifier les études publiées sur le sujet jusqu’en octobre 2016. Les analyses sur les sous-types du cancer gastrique (cardia adénocarcinome gastrique et adénocarcinome gastrique non cardiaque) ainsi que les analyses dose-réponse ont été recherchées : 42 études éligibles ont ainsi été identifiées. Résultats :
- Viande rouge (bœuf, porc, agneau, mouton, veau, cheval, foie) : la consommation élevée de viande rouge était associée à un risque de 1.67 (1.36-2.05) de cancer de l’estomac lorsque l’analyse prenait en compte les études cas-témoins, mais aucune association n’était retrouvée pour les études de cohorte. Les études selon les sous-types de cancer montraient des résultats nuls avec les études de cohorte pour l’adénocarcinome cardiaque gastrique (RR=1.07 ; P = 0,79) et l’adénocarcinome gastrique non cardiaque (RR=1.32 ; P = 0,12). Concernant l’analyse dose-réponse (4 études), elle montrait que le risque était augmenté de 12 % par portion supplémentaire de 100g/jour (p=0.64).
- Viandes transformées (bacon, jambon, viandes froides, saucisses, salami, viandes fumées en salaison) : Une consommation élevée de viande rouge transformée était associée à un risque de 1.76 (1.51-2.05) de cancer de l’estomac lorsque l’analyse prenait en compte les études cas-témoins, mais aucune association n’était retrouvée pour les études de cohorte. Les études selon les sous-types de cancer montraient des résultats nuls avec les études de cohorte pour l’adénocarcinome cardiaque gastrique (RR=1.03 ; P = 0,89) et l’adénocarcinome gastrique non cardiaque (RR= 1.27 ; P = 0,12). Concernant l’analyse dose-réponse (7 études), elle montrait que le risque était augmenté de 21 % par portion supplémentaire de 50g/jour (p=0.43).
Conclusion : Selon l’analyse des auteurs, la nulle entre la consommation de viande rouge et transformée et le risque de cancer gastrique dans les études de cohorte est nulle, et ce, bien que les études cas-témoins aient donné lieu à des associations positives.
À voir aussi
-
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Une consommation protéique de 1,1 à 1,6 g/kg/j associée à une moindre fragilité chez les femmes de plus de 75 ans
Cette analyse transversale étudie l’association entre apports protéiques totaux, animaux et végétaux d’une part, et présence d’une fragilité multidimensionnelle d’autre part, chez 1 380 femmes australiennes vivant à domicile et âgées en moyenne de 75 ans. Les apports étaient estimés par questionnaire de fréquence alimentaire et la fragilité par un indice intégrant activités de la… -
Santé, pathologies et prévention3 juin 2026Les protéines animales associées à une moindre prévalence de dépression chez les adultes
Cette étude transversale coréenne analyse l’association entre sources de protéines alimentaires et dépression dans un échantillon représentatif de 17 125 adultes, dont 7 287 hommes et 9 838 femmes. La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire-9, et les apports alimentaires par rappel de 24 heures. Après ajustement sur les facteurs de confusion, aucune… -
Composition et apports nutritionnels3 juin 2026Des apports plus faibles en protéines animales chez les personnes âgées sarcopéniques
Cette étude transversale descriptive compare les consommations alimentaires de 50 personnes âgées autonomes vivant à domicile dans le sud-est du Brésil, avec ou sans sarcopénie. Le diagnostic reposait sur trois critères : absorptiométrie biphotonique à rayons X, force de préhension et vitesse de marche, tandis que les apports alimentaires étaient estimés via trois rappels de…