Moteurs socio-économiques et démographiques de la consommation de viande

Cet article explore les différents moteurs de la consommation des viandes rouges et produits dérivés selon l’âge, le sexe, le statut socio-économique et dans différents contextes mondiaux ; il présente quelques modèles socio-économiques et démographiques clés de la consommation de ces produits. Les auteurs pointent néanmoins la difficulté d’identifier les tendances de consommation des viandes, en raison du manque d’une définition claire de ce qui constitue les viandes transformées. Synthèse : Les consommations des viandes rouges et produits dérivés varient considérablement à l’échelle mondiale. Dans certains pays à revenu élevé (HIC), la dernière décennie a connu une baisse globale ou une stabilisation des consommations de ces produits, contrairement aux économies émergentes où leurs consommations continuent d’augmenter avec la hausse des revenus et l’urbanisation rapide. La production et la consommation de ces produits sont devenues des préoccupations majeures en ce qui concerne les impacts environnementaux, de l’élevage en particulier, mais aussi parce que des associations entre des consommations élevées de viandes rouges et produits dérivés et des maladies non transmissibles liées au régime alimentaire ont été observées. Concernant ce dernier point, le type de viande considéré semble avoir une importance. La consommation des viandes rouges transformées a été associée à une augmentation de la mortalité globale, probablement en raison, en partie, des procédés (salaison, fumage…) utilisés alors que celle des viandes non transformées ne l’est pas. De même, les preuves que la viande rouge maigre soit cancérigène sont limitées. Il est important d’identifier les facteurs socio-économiques et démographiques de la consommation de ces produits. Cet article explore les différents moteurs de la consommation des viandes rouges et produits dérivés selon l’âge, le sexe, le statut socio-économique et dans différents contextes mondiaux. Il existe quelques modèles socio-économiques et démographiques clés de la consommation de ces produits :
- Les hommes et les populations à faible niveau socio-économique ont tendance à en consommer plus souvent et en plus grande quantité que les femmes, souvent plus attentives à leur santé et au bien-être animal.
- Les modèles selon l’âge sont moins clairs.
- Il est évident que les consommateurs des pays à revenu élevé continuent de consommer des niveaux élevés de viandes rouges et produits dérivés, bien que des tendances à une moindre consommation dans certains groupes socio-économiques et démographiques suggèrent que des stratégies pourraient être développées à destination des gros consommateurs. Dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, la consommation des viandes rouges et produits dérivés est en hausse, notamment en Chine et au Brésil, et dans les zones urbaines. Des moyens d’encourager les populations à maintenir des habitudes alimentaires plus traditionnelles doivent être trouvés dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.
En fin d’article, les auteurs pointent la difficulté d’identifier les tendances de consommation des viandes, en partie en raison du manque d’une définition claire de ce qui constitue les viandes transformées. La US NHANES intègre le bacon et le jambon dans la catégorie des viandes fraîches tandis que le Royaume Uni et l’Organisation Mondiale de la Santé les considèrent comme des viandes transformées. De même, de nombreuses études considèrent les viandes rouges transformées et les viandes blanches comme une seule et même catégorie. Une définition officielle et validée de ce qui constitue les viandes transformées est essentielle pour les études d’association à venir. Source : Socioeconomic and demographic drivers of red and processed meat consumption: implications for health and environmental sustainability. Clonan A, Roberts KE, Holdsworth M. Proc Nutr Soc. 2016 Mar 29:1-7
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