Pas de diférence de niveau de mortalité entre végétariens et non végétariens au Royaume-Uni

Selon les données de deux études de cohortes anglaises, la mortalité globale est identique chez les végétariens et non végétariens. Des différences sont toutefois notées entre les groupes pour certaines causes de décès. Méthodologie : Deux études prospectives (EPIC-Oxford et OVS) ont été rassemblées et incluaient ainsi 60 310 sujets vivant au Royaume-Uni dont 18 431 consommateurs réguliers de viande (>5 fois/semaine, 110g/jour en moyenne), 13 039 petits consommateurs de viande (moins fréquent, 35g/jour en moyenne), 8516 consommateurs de poisson (pas de viande) et 20 324 végétariens (2228 végétaliens). La mortalité liée à 18 pathologies (cancers, maladies dégénératives, cardiovasculaires, circulatoires, respiratoires, digestives, autres causes) a été estimée pour chacun de ces groupes. Résultats : 5294 décès avant l’âge de 90 ans ont été rapportés au cours du suivi. Aucune différence significative de mortalité globale (toutes causes confondues) n’était notée entre les groupes. Les risques de mortalité (HR) pour les petits consommateurs de viande, ceux de poisson et les végétariens étaient de 0.93 (IC95% : 0.86-1.00), 0.96 (IC95% : 0.86-1.06) et 1.02 (IC95% : 0.94-1.10) comparé aux consommateurs de viande (pris pour référence HR=1.0). Toutefois, il existait des différences significatives de risque concernant certaines pathologies comparé aux consommateurs réguliers de viande :
- le risque de mortalité par maladies circulatoires était plus élevé chez les consommateurs de poisson (HR=1.22; IC95%: 1.02- 1.46),
- celui par cancer agressif était plus faible chez les consommateurs de poisson (HR=0.82; IC95%: 0.70-0.97),
- celui par cancer du pancréas était plus faible chez les petits consommateurs de viande et chez les végétariens (HR=0.55; IC95%: 0.36-0.86 et HR=0.48; IC95%: 0.28-0.82, respectivement)
- celui par tumeur agressive du tissu lymphatique ou hématopoïétique était plus faible chez les végétariens (HR=0.50; IC95%: 0.32-0.79)
- celui par maladies respiratoires était plus faible chez les petits consommateurs de viande (HR=0.50; IC95%: 0.53-0.92).
L’ajustement de ces risques selon l’IMC ne modifiait pas les associations. En dehors de deux exceptions (maladies circulatoires et respiratoires), il n’y avait pas de différence de risque entre les hommes et les femmes, entre ceux qui fumaient ou non et entre les catégories de poids. Conclusion : Il n’y a pas de différence de niveau de risque de mortalité globale entre les végétariens et les non végétariens vivant au Royaume-Uni. Quelques différences sont toutefois notées pour certaines causes spécifiques de décès, ce qui nécessiterait d’être approfondi par de nouvelles études. Source : Mortality in vegetarians and comparable nonvegetarians in the United Kingdom. Paul N Appleby, Francesca L Crowe, Kathryn E Bradbury, Ruth C Travis, and Timothy J Key. Am J Clin Nutr ajcn119461; First published online December 9, 2015
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